VIDEO. Meurtre de Jamal Khashoggi: Le commando a utilisé un sosie pour camoufler la mort du journaliste

ENQUETE Un agent saoudien a été vu après les faits avec les vêtements et les lunettes du journaliste tué au consulat...

P.B. avec AFP
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Jamal Khashoggi à son arrivée au consulat le 2 octobre 2018 (à gauche) et un sosie saoudien portant les vêtements du journaliste tué plus tard le même jour.
Jamal Khashoggi à son arrivée au consulat le 2 octobre 2018 (à gauche) et un sosie saoudien portant les vêtements du journaliste tué plus tard le même jour. — CNN

C’est un élément de plus qui contredit la version saoudienne d’un interrogatoire qui a mal tourné et d’un acte non-prémédité. Après la mort de Jamal Khashoggi au consulat de l’Arabie saoudite à Istanbul, le 2 octobre, un membre du commando venu de Riyad a été vu dans la ville turque portant les habits du défunt, révèle CNN. Selon un responsable turc interrogé par la chaîne, il s’agit d’une « tentative de dissimulation » visant à faire croire que Khashoggi avait bel et bien quitté le bâtiment comme l’avait affirmé Riyad après sa disparition.

 

Le renseignement turc a identifié ce sosie comme Mustafa al-Madani. Cet agent saoudien est arrivé au consulat deux heures avant Jamal Khashoggi. Il est ressorti un peu plus tard, portant les habits du journaliste tué, mais aussi ses lunettes et une fausse barbe. Après la disparition du journaliste dissident, l’Arabie saoudite a assuré pendant plusieurs jours que Khashoggi avait bien quitté le consulat.

La directrice de la CIA en Turquie

Selon les fuites venues de Turquie, Jamal Khashoggi a été étranglé « sept à huit minutes » après son arrivée au consulat. Son cadavre, qui aurait ensuite été découpé avec une scie, n’a toujours pas été retrouvé. « Nous sommes face à une situation qui a été sauvagement planifiée et des efforts conséquents ont été déployés pour dissimuler » ce meurtre, a déclaré lors d’une conférence de presse à Ankara Omer Celik, porte-parole du parti au pouvoir en Turquie (AKP).

L’Arabie saoudite, de son côté, a reconnu samedi que le journaliste avait bien été tué lors d’une « rixe » dans le consulat, évoquant une « opération non autorisée » par le pouvoir, dont le prince héritier Mohammed ben Salmane, dit « MBS », n’était « pas informé ». Les explications de Riyad n’ont pas satisfait Donald Trump, qui a envoyé, lundi, la directrice de la CIA en Turquie pour enquêter. Le président turc Recep Tayyip Erdogan, a, lui, promis de faire des révélations lors d’un discours ce mardi.