Italie: Le gouvernement maintient son budget mais promet à Bruxelles de contenir la dette

PREVISIONS Alors que l’Union européenne l’avait sommée de lui fournir avant midi des « clarifications » sur son budget, « jugé hors des clous » européens, l’Italie a maintenu le cap…

20 Minutes avec AFP

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Giuseppe Conte est le nouveau Premier ministre italien.
Giuseppe Conte est le nouveau Premier ministre italien. — AFP

Malgré les mises en garde de Bruxelles, le gouvernement italien a annoncé, ce lundi, qu'il maintenait ses prévisions de budget, tout en s’engageant à respecter les objectifs, sans creuser davantage le déficit ou la dette. La coalition populiste a également réaffirmé son attachement à l’Union européenne et à la zone euro, assurant qu’il n’y avait « aucune chance » que l’Italie en sorte.

La coalition, formée de la Ligue (extrême droite) et le Mouvement 5 étoiles (M5S, antisystème), prévoit un déficit à 2,4 % du PIB en 2019, contre 0,8 % pour le précédent gouvernement, puis à 2,1 % en 2020 (contre 0) et à 1,8 % en 2021. L'Italie s’est aussi engagée à porter la dette publique, actuellement à quelque 131 % du PIB à 126,5 % en 2021.

« C’était une décision difficile mais nécessaire »

Alors que l’Union européenne l’avait sommée de lui fournir avant midi des « clarifications » sur son budget, « jugé hors des clous » européens, elle a maintenu le cap. Dans une lettre de quatre pages envoyée à Bruxelles, le gouvernement souligne qu’il savait que ce budget n'était «pas en ligne avec les normes du Pacte de stabilité et de croissance».

« C’était une décision difficile mais nécessaire à la lumière du retard pour retrouver le niveau de PIB d’avant la crise et des conditions économiques dramatiques dans lesquelles se trouvent les couches les plus désavantagées de la société italienne », assure la lettre. Mais « si les rapports dette/PIB et déficit/PIB ne devaient pas être en ligne avec ce qui est prévu, le gouvernement s’engage à intervenir en adoptant toutes les mesures nécessaires afin que les objectifs indiqués soient rigoureusement respectés », ajoute-t-elle.

« Il n’y a aucune chance d’Italexit, de sortie de l’Europe ou de l’eurozone »

« Le chiffre de 2,4 % pour nous est un plafond que nous nous sommes solennellement engagés à respecter (…). Il est possible que nous ne l’atteignions pas, mais il est certain que nous ne le dépasserons pas », a également affirmé le chef du gouvernement, Giuseppe Conte. « Nous ne sommes pas une bande de têtes brûlées. Si nous avions adopté une loi de finances différente, nous serions entrés en récession », a-t-il souligné.

« Nous sommes absolument en Europe, nous voulons dialoguer avec les institutions européennes dans un esprit de collaboration loyale, de dialogue constructif », a-t-il ajouté. Comme l’avaient fait ses deux vice-Premiers ministres ce week-end, Matteo Salvini et Luigi di Maio, chefs de file du M5S et de la Ligue, Giuseppe Conte a aussi réaffirmé l’engagement européen de son pays : « Ecoutez-moi bien : pour l’Italie, il n’y a aucune chance d’Italexit, de sortie de l’Europe ou de l’eurozone ».