VIDEO. Canada: Donald Trump, il n'est «pas toujours évident», reconnaît Justin Trudeau

CANADA Le Premier ministre canadien, invité de la déclinaison québécoise de l'émission «Tout le monde en parle», a raconté en français ses relations avec le président américain...

M.C.
— 
Donald Trump est président des Etats-Unis depuis janvier 2017 et Justin Trudeau Premier ministre du Canada depuis novembre 2015.
Donald Trump est président des Etats-Unis depuis janvier 2017 et Justin Trudeau Premier ministre du Canada depuis novembre 2015. — Evan Vucci/AP/SIPA

Donald Trump, « il n’est pas toujours évident », reconnaît Justin Trudeau. Le Premier ministre canadien, invité dimanche soir dans l’émission Tout le monde en parle, la déclinaison québécoise du concept de Thierry Ardisson, a été interrogé – en français - sur ses relations avec le président américain, pas vraiment au beau fixe.

« Il le sait et moi je le sais, on n’est pas alignés sur bien des choses. C’est parfois difficile de trouver des points communs », a reconnu le dirigeant dans l’émission enregistrée jeudi dernier. « Moi, ma job c’est de m’assurer que je puisse bien défendre les Canadiens. C’est ce que nous avons fait avec l’AÉUMC [l’accord commercial États-Unis, Mexique, Canada]. Ma responsabilité, c’est de trouver une façon de travailler avec » Donald Trump et son éventuel successeur.

« Je choisis d’être gentil-gentil »

« Quand vous êtes seuls tous les deux, avez-vous du fun ? », lui a demandé Dany Turcotte, le « Laurent Baffie » du talk-show le plus suivi au Québec. « Je pense beaucoup à l’intérêt des Canadiens que je défends et je choisis d’être gentil-gentil », a répondu Justin Trudeau, diplomate.

Les relations entre les deux dirigeants, qui avaient commencé sous les meilleurs auspices après l’arrivée de Donald Trump à la Maison Blanche, s’étaient dégradées après le fiasco du G7 de Charlevoix (Québec) en juin. Donald Trump avait notamment accusé Justin Trudeau de manquer de sincérité et l’avait rendu responsable de l’échec du sommet.

Le Canada pourrait annuler un contrat avec l’Arabie saoudite

Justin Trudeau a aussi défendu la légalisation du cannabis, l’une de ses principales promesses de campagne, devenue réalité le 17 octobre, à un an des élections législatives. Soulignant que quelque cinq millions de Canadiens avaient fumé du cannabis l’an dernier, il a répété que la prohibition en place depuis 90 ans ne fonctionnait et remplissait les poches du crime organisé.

Le Premier ministre canadien a d’autre part affirmé sa volonté d’agir contre le changement climatique, tout en répétant qu’il fallait aussi tenir compte de l’économie du pays : « La réalité c’est qu’il faut protéger l’environnement tout en créant une croissance économique qui va être durable et responsable. »

Au sujet du meurtre du journaliste saoudien Jamal Khashoggi, Justin Trudeau a affirmé ne pas exclure que le Canada puisse annuler un contrat de 15 milliards de dollars canadiens (9,9 milliards d’euros) pour la vente à Ryad de véhicules blindés légers. « On va toujours défendre les droits de la personne, on est d’ailleurs en chicane [en bisbille] avec l’Arabie saoudite parce qu’on a été très fermes là-dessus. » Si les clauses ne sont pas respectées, « c’est sûr qu’on va annuler les contrats. »