VIDEO. Disparition du journaliste Jamal Khashoggi: Riyad affirme «ne pas savoir où se trouve le corps», Trump durcit le ton

PRESSE Le ministre saoudien des Affaires étrangères Adel al-Jubeir a affirmé ce dimanche «ne pas savoir où se trouve le corps» du journaliste Jamal Khashoggi, qualifiant sa mort d'«erreur monumentale»...

L.C. avec AFP
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Une femme manifeste devant l'ambassade de l'Arabie saoudite à Washington, après la disparition du journaliste Jamal Khashoggi, le 10 octobre 2018. Sur l'affiche on peut lire «assassiné par MBS», certains accusant le prince héritier saoudien d'être lié à la disparition du journaliste exilé depuis 2017 aux Etats-Unis.
Une femme manifeste devant l'ambassade de l'Arabie saoudite à Washington, après la disparition du journaliste Jamal Khashoggi, le 10 octobre 2018. Sur l'affiche on peut lire «assassiné par MBS», certains accusant le prince héritier saoudien d'être lié à la disparition du journaliste exilé depuis 2017 aux Etats-Unis. — AP Photo/Jacquelyn Martin

Le ministre saoudien des Affaires étrangères Adel al-Jubeir a affirmé ce dimanche « ne pas savoir où se trouve le corps » du journaliste Jamal Khashoggi, qualifiant sa mort d'« erreur monumentale ». « Nous avons découvert qu’il a été tué au consulat (saoudien à Istanbul). Nous ne savons pas comment, dans le détail. Nous ne savons pas où se trouve le corps », a déclaré le chef de la diplomatie saoudienne, depuis Riyad, dans un entretien à la chaîne américaine Fox News.

Riyad a finalement admis samedi que Jamal Khashoggi, un journaliste critique du pouvoir saoudien et contributeur du Washington Post, avait été tué dans l’enceinte du consulat d’Arabie saoudite à Istanbul. Les autorités saoudiennes assuraient jusqu’alors qu’il avait quitté vivant le consulat. Jamal Khashoggi s’était exilé aux Etats-Unis en 2017 après être tombé en disgrâce auprès du pouvoir saoudien.

Riyad se défend

« Les individus qui ont fait cela l’ont fait en dehors du champ de leurs responsabilités. Une erreur monumentale a été faite, qui a été aggravée par la tentative de la cacher », a ajouté Adel al-Jubeir, assurant que le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane n’était « pas informé » de l’opération, non-autorisée par le pouvoir.

Le roi Salmane « est déterminé » à ce que « les responsables » de la mort du journaliste « rendent des comptes », ainsi qu’à « mettre en place des procédures au sein des services de sécurité afin d’empêcher que des choses pareilles se produisent à nouveau », a indiqué le ministre saoudien.

Insistant sur l’importance des liens « stratégiques » entre Washington et Riyad, ce dernier a par ailleurs estimé que cette « relation surmontera » l’affaire Khashoggi et ses répercussions diplomatiques.

Donald Trump durcit le ton

Les réactions de la communauté internationale se sont multipliées ces derniers jours. Ce dimanche, le président américain Donald Trump,  qui faisait face à une pression croissante aux Etats-Unis pour qu’il agisse contre l’Arabie saoudite, a durci le ton envers Riyad. « Il y a manifestement eu tromperie et mensonges », a-t-il déclaré dans un entretien publié tard samedi soir par le Washington Post.

« Leurs histoires partent dans tous les sens », a ajouté le locataire de la Maison-Blanche, qui avait jugé « crédible » la veille la version de Riyad selon laquelle le journaliste aurait été tué au cours d’une rixe au consulat saoudien à Istanbul.

L’Allemagne suspend ses ventes d’armes à l’Arabie saoudite

Autre réaction d’un dirigeant, celle de la chancelière allemande Angela Merkel. « Je suis d’accord avec tous ceux qui disent que les exportations d’armes ne peuvent pas intervenir dans la situation où nous nous trouvons, même si ces ventes sont d’ampleur limitée », a-t-elle déclaré à la presse à Berlin au siège de son parti de centre-droit (CDU).

« Il y a encore des choses qui doivent être éclaircies de manière urgente » par les autorités saoudiennes car « tout n’a pas été dévoilé », a-t-elle ajouté, condamnant « avec la plus grande fermeté » la mort du journaliste saoudien.

Erdogan promet de révéler « toute la vérité » sur cette disparition

Depuis Istanbul, le président turc Recep Tayyip Erdogan a promis ce dimanche de révéler « toute la vérité » sur le meurtre de Jamal Khashoggi, précisant qu’il ferait une nouvelle déclaration à ce sujet mardi 23 octobre 2018, lors d’une intervention au parlement devant les députés de l’AKP, le parti au pouvoir.