Migrants refoulés en Italie par la France: «Action, réaction» de Matteo Salvini qui envoie des policiers à la frontière

BRAS DE FER Ce n'est pas le premier épisode qui tend les pays européens sur la crise migratoire...

20 Minutes avec AFP

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MatTeo Salvini, le 20 octobre 2018 à Rome.
MatTeo Salvini, le 20 octobre 2018 à Rome. — Angelo Carconi/AP/SIPA

« Le énième abus des autorités françaises (…) aura des conséquences : des voitures de patrouille ont été envoyées à Clavière pour contrôler et garder la frontière » : Matteo Salvini n’a pas lésiné sur les moyens. Le ministre italien de l’Intérieur a envoyé ce samedi des policiers italiens pour patrouiller à la frontière française afin d’empêcher les refoulements de migrants, au lendemain d’un épisode vendredi à Clavière, pourtant qualifié de normal par la France.

Son annonce s’accompagne de photos montrant des policiers italiens montant la garde à l’endroit où une voiture de police française a déposé trois migrants vendredi matin, à une vingtaine de mètres à l’intérieur du territoire italien. Matteo Salvini (extrême droite) avait diffusé vendredi soir une vidéo de ce refoulement filmée par un habitant de Clavière et agrémentée d’une musique dramatique. « Sans explications rapides, complètes et convaincantes, nous nous trouverons face à une provocation et à un acte hostile », avait-il commenté.

Des relations tendues depuis plusieurs mois

Selon la préfecture des Hautes-Alpes, du côté français, il s’agissait d'« une procédure de non-admission à la frontière en tous points conforme à la pratique agréée entre la police française et la police italienne ainsi qu’au droit européen ». Les trois personnes avaient été refusées, faute de documents valables au point de passage de Montgenèvre, 500 mètres plus loin, et le commissariat de Bardonnecchia, le plus proche, avait été informé.

Selon Matteo Salvini en revanche, l’information a été transmise 20 minutes après la vidéo, empêchant les forces de l’ordre italiennes de contrôler qui étaient les personnes reconduites sur leur territoire. « Et ce n’est pas tout. Il n’y a pas d’accord bilatéral Italie-France, écrit et officiel, qui permette ce type d’opération. Si (le président français Emmanuel) Macron parle de "pratique habituelle", c’est le gouvernement qui nous a précédés qui doit en répondre », a dénoncé le ministre italien. « Maintenant les temps ont changé et nous n’acceptons pas que des étrangers arrêtés en territoire français soient amenés en Italie sans que nos forces de l’ordre puissent vérifier leur identité », a-t-il ajouté.

Les relations entre Rome et Paris se sont tendues ces derniers mois. L’Italie accuse ses partenaires européens, à commencer par la France, de l’avoir laissée seule gérer la crise migratoire et les quelque 700.000 migrants arrivés sur ses côtes depuis 2013.