Dénonçant sa «situation inhumaine», Assange attaque l'Equateur en justice

ASILE Le cofondateur de WikiLeaks est réfugié depuis 2012 à l'ambassade londonienne du pays d'Amérique latine...  

20 Minutes avec AFP
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Julian Assange, le fondateur de WikiLeaks
Julian Assange, le fondateur de WikiLeaks — BEN STANSALL / AFP

Il attaque l’Etat qui le protège. L’Australien Julian Assange, réfugié depuis six ans dans l’ambassade d’Equateur à Londres, a lancé une action judiciaire contre le gouvernement de Quito pour protester contre ses conditions de vie, a annoncé Wikileaks vendredi dans un communiqué. Assange « accuse le gouvernement d’Equateur de violer ses droits fondamentaux et sa liberté », affirme le communiqué, précisant que l’action va être lancée par l’ex-juge Baltasar Garzon, qui dirige sa défense, et se trouve actuellement à Quito.

Le fondateur de Wikileaks, âgé de 47 ans, a trouvé asile en juin 2012 dans l’ambassade pour échapper à une extradition vers la Suède, où il était recherché pour des accusations de viol et d’agression sexuelle qu’il nie. La procédure a depuis été classée.

WikiLeaks souligne que cette action intervient « sept mois après que l’Equateur a menacé de retirer sa protection et a coupé ses accès avec le monde extérieur, y compris en refusant d’autoriser les journalistes et les organisations de défense des droits de l’Homme et en brouillant ses communications pour empêcher l’accès internet et les coups de fil ». Quito a depuis partiellement rétabli ces communications.

« Situation inhumaine »

Baltasar Garzon a affirmé jeudi qu’Assange vivait une « situation inhumaine », lors d’une conférence de presse à Ambato, en Equateur. « Ce n’est pas une situation commode, c’est une situation inhumaine parce que la solution tarde, alors qu’elle aurait déjà dû être gérée par les Etats impliqués qui sont l’Equateur, les Etats-Unis et la Grande-Bretagne », a déclaré l’ancien magistrat espagnol.

Quito avait annoncé en mars avoir coupé les systèmes de communication avec l’extérieur de l’Australien, estimant qu’il avait manqué à son « engagement écrit de ne pas publier des messages constituant une ingérence dans la relation (de l’Equateur) avec d’autres Etats ».

Si les poursuites en Suède contre Assange ont été abandonnées en mai 2017, la justice britannique a réitéré mi-février son refus de lever son mandat d’arrêt au motif qu’il n’avait pas respecté en 2012 les conditions de sa liberté sous caution. L’Australien redoute, s’il sort de l’ambassade, d’être arrêté puis extradé et jugé aux États-Unis pour la publication par Wikileaks en 2010 de nombreux secrets militaires et documents diplomatiques américains