Brésil: Bolsonaro accusé d'avoir illégalement bombardé WhatsApp de fausses infos

PRESIDENTIELLE Le candidat d'extrême droite aurait diffusé, via des entreprises, des centaines de milliers de messages...

20 Minutes avec AFP

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Le candidat d'extrême droite à la présidentielle, Jair Bolsonaro, à Rio de Janeiro, au Brésil, le 7 octobre 2018.
Le candidat d'extrême droite à la présidentielle, Jair Bolsonaro, à Rio de Janeiro, au Brésil, le 7 octobre 2018. — Mauro PIMENTEL / AFP

On pensait que Facebook avait retenu la leçon après la présidentielle américaine. Jeudi, le quotidien brésilien Folha a révélé que des entreprises avaient financé l’envoi de centaines de milliers de messages de propagande du candidat d’extrême droite Jair Bolsonaro sur WhatsApp. Fernando Haddad, le candidat du Parti des travailleurs (PT), a accusé jeudi son rival, grand favori du second tour, d’avoir monté une « organisation criminelle » avec de « l’argent sale » pour orchestrer un bombardement de messages et de fausses informations.

La salve de messages anti-PT, financés 12 millions de réais (2,8 millions d’euros) par contrat a inondé WhatsApp avant le premier tour du 7 octobre. Une nouvelle offensive serait prévue pour la semaine prochaine, avant le second tour du 28 octobre, ajoute le quotidien pauliste. Plus d’un Brésilien sur deux utilise WhatsApp, l’une des apps de communication les plus populaires. Les messages ont été envoyés grâce aux bases de données personnelles d’utilisateurs fournies par l’équipe de Bolsonaro ou achetées à des agences de stratégie numérique, selon Folha.

Haddad va saisir la justice

La loi électorale proscrit au Brésil le financement des campagnes par les entreprises. Si cette pratique était avérée, elle constituerait un délit. « Dans n’importe quel pays cela serait un scandale énorme, qui pourrait mener à une invalidation de candidature », a lancé le candidat de la gauche, qui va saisir la justice électorale.

L’entourage de Bolsonaro a nié toute responsabilité. « Ce n’est pas raisonnable qu’à chaque fois qu’il se passe quelque chose (Bolsonaro) soit désigné responsable », a dit Thiago Ayres, son avocat, au quotidien Valor. Au même moment, l’ex-capitaine de l’armée réagissait sur Twitter : « Le PT ne souffre pas des fausses informations, mais de la VERITE ».

Bolsonaro refuse de participer au débat

Bolsonaro dispose d’une considérable force de frappe sur les réseaux sociaux où il mène l’essentiel de sa campagne, avec 14 millions d’abonnés sur Facebook, Instagram et Twitter. Haddad n’en a que 2,8 millions. Le directeur de Datafolha, Mauro Paulino, a affirmé sur Twitter que l’institut de sondages avait « vu des mouvements de dernière minute dans les tendances » avant le premier tour.

Jair Bolsonaro a largement remporté le premier tour avec 46 % des voix contre 29 % à Haddad. Pour le second, les sondages lui prédisent une très confortable victoire. La direction de son parti a redit jeudi le refus de Bolsonaro de participer au moindre débat télévisé avant le second tour, invoquant « l’état de santé » du candidat, toujours en convalescence après l’attaque au couteau dont il a été victime début septembre en plein meeting.