Ghyslain Wattrelos a perdu sa femme et deux de ses enfants dans le vol MH370 de la Malaysia Airlines, le 8 mars 2014.
Ghyslain Wattrelos a perdu sa femme et deux de ses enfants dans le vol MH370 de la Malaysia Airlines, le 8 mars 2014. — F.FLOUX/20MINUTES

ENQUETE

Disparition du vol MH370: Des enquêteurs français devraient se rendre aux Etats-Unis

Ils espèrent pouvoir poser des questions au FBI et à Boeing...  

Alors que tous les pays ont arrêté d’enquêter, la France ne lâche pas l’affaire. Les enquêteurs en charge du dossier de la disparition du vol MH370 de la Malaysia Airlines espèrent se rendre prochainement aux Etats-Unis où des investigations cruciales doivent être réalisées, a annoncé jeudi Ghyslain Wattrelos qui a perdu quatre proches dans la catastrophe.

Le 8 mars 2014, 239 personnes ont disparu après avoir décollé de Kuala Lumpur à bord d’un Boeing en direction de Pékin. Si certains débris semblant lui appartenir ont été récupérés dans l’océan Indien, aucune trace des 239 passagers n’a jamais été retrouvée. Ghyslain Wattrelos a notamment perdu son épouse et deux de ses enfants dans la disparition de l’avion

Jeudi, il a été reçu avec son avocate Marie Dosé par la juge d’instruction en charge de l’information judiciaire ouverte en France, pour faire le point sur les investigations et les pistes à explorer par les enquêteurs.

Des questions pour le FBI et Boeing

Parmi les priorités qui mobilisent les enquêteurs, un déplacement aux Etats-Unis est « de nouveau à l’ordre du jour », après un voyage avorté en septembre pourtant prévu dans le cadre d’une commission rogatoire internationale lancée en octobre 2017, ont-ils annoncé lors d’une conférence de presse jeudi. Selon Me Dosé, ce déplacement avait dû être annulé, les autorités américaines ayant opposé des « clauses de confidentialité » puis le « secret industriel » du constructeur Boeing.

« On est un peu en colère et maintenant on a envie de dire stop, il serait temps que les Etats-Unis coopèrent vraiment sur ce dossier », a réagi Ghyslain Wattrelos. « Il est nécessaire d’aller là-bas car il y a trois entités qui détiennent des informations importantes pour savoir ce qu’il s’est passé sur ce vol », a-t-il poursuivi. A commencer par Boeing et le FBI, même si les enquêteurs semblent avoir obtenu des assurances de l’agence de renseignement qu’ils pourraient être reçus, selon lui.

Un piratage du Satcom ?

Mais l’attention est également désormais ciblée sur une troisième entité, une société mise au jour par les enquêteurs. L’enjeu, selon Ghyslain Wattrelos, est de savoir si elle commercialise un logiciel capable de reprogrammer voire de pirater le Satcom, cette antenne qui communique au satellite Inmarsat le signal de l’avion. « La piste essentielle ce sont les données Inmarsat. Soit elles sont fausses, soit elles ont été piratées », estime-t-il. Or ces données satellitaires sont essentielles pour mieux comprendre la trajectoire de l’avion.

La remise en juillet du rapport de l’enquête malaisienne avait douché les espoirs de Ghyslain Wattrelos, mais depuis les enquêteurs français ont laissé entrevoir de nouvelles hypothèses à explorer. Les enquêteurs ont notamment découvert des « incohérences » dans le rapport officiel de l’enquête malaisienne et la présence de passagers « curieux », sur lesquels « il fallait continuer d’enquêter ». Parmi, eux figure un voyageur malaisien au profil troublant : il se trouvait être assis sous le boîtier Satcom et s’avère être un expert en aéronautique, selon Ghyslain Wattrelos et son avocate.