Affaire Khashoggi: Un des suspects est mort dans un accident de voiture, selon un journal turc

ENQUETE Ce lieutenant de l’armée saoudienne est l’un des 15 agents suspectés d’être impliqué dans la disparition du journaliste…

P.B.

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Une manifestation après la disparition du journaliste saoudien, Jamal Khashoggi, devant le consulat d'Arabie Saoudite à Istanbul, le 5 octobre 2018.
Une manifestation après la disparition du journaliste saoudien, Jamal Khashoggi, devant le consulat d'Arabie Saoudite à Istanbul, le 5 octobre 2018. — OZAN KOSE / AFP

A ce stade, on ne sait pas s’il s’agit d’une coïncidence ou d’un acte malveillant. L’un des 15 Saoudiens suspectés d’être impliqué dans la disparition du journaliste Jamal Khashoggi est décédé dans un accident de voiture, selon le journal progouvernemental turc Yeni Safak.

Le quotidien cite seulement « une source anonyme », sans en préciser la nature. Yeni Safak, un journal proche du gouvernement turc, a publié de nombreux scoops sur l’affaire Khashoggi, notamment les noms et les photos des 15 agents saoudiens arrivés le matin de la disparition du journaliste, et repartis le jour-même. Le quotidien affirme également avoir eu accès à l’enregistrement audio des autorités turques qui prouverait que le journaliste critique du régime saoudien a été interrogé, torturé, tué, avant d’être décapité et découpé en plusieurs morceaux.

Un lieutenant dans l’armée de l’air saoudienne

Mashal Saad al-Bostani, 31 ans, était un lieutenant dans l’armée de l’air saoudienne. Après avoir quitté la Turquie, il aurait trouvé la mort dans un accident de voiture à Ryad, à une date non précisée. A l’heure actuelle, la nature exacte du rôle qu’il a joué dans la disparition de Jamal Khashoggi reste indéterminée.

Jeudi, Donald Trump a accordé « quelques jours de plus » à l’Arabie saoudite pour terminer son enquête et expliquer la disparition du journaliste. Selon le Wall Street Journal, Ryad pourrait reconnaître qu’il a été tué à l’ambassade, tout en affirmant qu’il s’agirait d’un interrogatoire qui aurait mal tourné, réalisé par des agents ayant agi « sans autorisation ». Problème pour Ryad, des images de vidéosurveillance attestent de la présence de Maher Abdulaziz Mutreb, un officier des services de sécurité proche du prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane. Ce dernier a juré à Donald Trump qu’il « ignorait tout » de ce qu'il s’est passé à l’intérieur du consulat.