Garden party à Beyrouth

David Hury, correspondant à Beyrouth

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Le président français Nicolas Sarkozy, en visite samedi à Beyrouth, a appelé les Libanais à la réconciliation et au dialogue après une longue crise politique qui a dégénéré en combats meurtriers.
Le président français Nicolas Sarkozy, en visite samedi à Beyrouth, a appelé les Libanais à la réconciliation et au dialogue après une longue crise politique qui a dégénéré en combats meurtriers. — Gerard Cerles AFP

Nicolas Sarkozy ne s’est pas posé de question en atterrissant à Beyrouth ce samedi matin: le plus important était de montrer que la diplomatie française était de retour sur la scène libanaise. Après un accueil très protocolaire à l’aéroport où il s’est adressé au nouveau président libanais, Michel Sleimane, en disant «Cher Michel», le président français a insisté sur la «communauté de destins entre les peuples français et libanais».

Mais au-delà du discours policé habituel, Nicolas Sarkozy a surtout voulu envoyer un message aux autres puissances étrangères, aujourd’hui plus impliquées que la France au Liban. Accompagné (comme l'avait révélé 20minutes.fr) des chefs de partis politiques tricolores, de son Premier ministre et son ministre des Affaires étrangères, Nicolas Sarkozy a insisté sur le volet politique de sa visite, et a beaucoup parlé de la Syrie…

Bayrou plus populaire que Hollande

A la Résidence des pins (domicile de l’ambassadeur de France) où petits fours et coupes de champagne étaient de mise, Nicolas Sarkozy a été accueilli en héros par un millier de Français du Liban (il avait obtenu 89% des voix à la présidentielle auprès des Français expatriés au Liban): «Le Liban est une sorte de miracle et un témoignage de diversité dans un Orient qui se tourne vers l’absence de diversité. Et vous, Français du Liban, pouvez être fiers de ce que vous faites pour ce pays.»

Après une photo de famille sur les marches, il a traversé la foule en deux petites minutes seulement avant de s’éclipser. François Bayrou, président du MoDem, et François Hollande, secrétaire général du Parti socialiste, en ont donc profité pour tester leur popularité auprès des Français du Liban. Vainqueur aux points, François Bayrou qui a posé en photos à plusieurs reprises, tout sourire. Un mini bain de foule qui n’a pas plu du tout aux très nombreux militants de l’UMP-Liban. « Oh, regardez-le, il vient faire sa pub ici ! », s’est moqué l’un d’eux arborant fièrement un gros pin’s rouge et bleu du parti présidentiel.

Principal sujet de discussion: la Syrie


Avant de partir, Nicolas Sarkozy a organisé une rencontre impromptue avec la presse, dans les salons de la somptueuse Résidence des pins. Et là, le discours a changé. Principal sujet de discussion: la Syrie, considéré comme un Etat voyou par l’Administration américaine. «Certains se sont étonnés du coup de fil que j’ai passé à Bachar el-Assad, le président syrien. Mais je ne vois pas pourquoi la France ne pourrait pas parler avec la Syrie alors qu’Israël a entamé des discussions avec elle, s’est défendu Nicolas Sarkozy. Discussions dont nous nous réjouissons.»

Dans cette belle opération de communication de politique étrangère, Nicolas Sarkozy n’a pas non plus oublié d’inviter de nombreux chefs d’entreprises français. Politique, diplomatie, culture – l’écrivain Amin Maalouf était de la partie – et business: voici les recettes de la politique présidentielle. Reste à savoir si, avec ce coup d’éclat, la France pourra retrouver sa position parmi les nations qui comptent réellement au Liban.

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