Seconde guerre mondiale: La Norvège s'excuse auprès des «filles de boches» pour le traitement qu'elles ont subi

REPRESAILLES Plus de 70 ans après la Libération, la Première ministre s’est excusée auprès de ces milliers de femmes qui ont fréquenté des soldats allemands…

20 Minutes avec AFP

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La Première ministre norvégienne Erna Solberg, le 16 octobre 2018.
La Première ministre norvégienne Erna Solberg, le 16 octobre 2018. — Markus Schreiber/AP/SIPA

La Norvège a présenté ce mercredi ses excuses officielles aux « filles de boches », ces femmes ayant fréquenté des soldats allemands pendant la Seconde Guerre mondiale. Le pays a reconnu qu’elles avaient subi un « traitement indigne » au sortir de la guerre.

Arrestations sans fondement légal, internements sans jugement, licenciements, expulsions et déchéances de nationalité… A la Libération, entre 30.000 et 50.000 Norvégiennes ont subi les représailles des autorités, selon une estimation « conservatrice » du Centre norvégien d’études sur l'Holocauste et les minorités religieuses. Près de 75 ans après, très peu de ces « filles de boches » sont encore en vie. Ces excuses n’ouvrent pas la voie à des réparations financières mais sont supposées leur mettre un peu de baume au cœur.

300.000 soldats allemands

« De nombreuses jeunes filles et femmes norvégiennes qui avaient eu une relation avec des soldats allemands ou en étaient soupçonnées, ont été victimes d’un traitement indigne », a noté la Première ministre norvégienne, Erna Solberg, lors d’un événement visant à marquer le 70e anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l’Homme. « Aujourd’hui, je veux au nom du gouvernement présenter des excuses », a-t-elle dit.

Pendant la guerre, plus de 300.000 soldats allemands occupaient le royaume scandinave alors peuplé de trois millions d’habitants. Des Norvégiennes ont alors développé une certaine promiscuité avec ces militaires, parfois plus nombreux que les villageois et vivant souvent chez l’habitant. « Pour beaucoup, c’était une amourette d’adolescente, pour d’autres, l’amour d’une vie avec un soldat ennemi, ou un flirt innocent qui a laissé des traces pour le reste de la vie », a souligné Erna Solberg.

En 2000, Oslo avait déjà présenté des excuses aux 10.000 à 12.000 enfants nés de mères norvégiennes et de soldats allemands, qui ont également dû endurer de nombreuses souffrances.