Etats-Unis: La prison de Guantanamo restera ouverte encore au moins 25 ans

DETENTION Donald Trump a signé un décret ordonnant au Pentagone de «maintenir ouvertes les installations carcérales de Guantanamo Bay»…

20 Minutes avec AFP

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La prison de Guantanamo dans l'enclave américaine de Cuba.
La prison de Guantanamo dans l'enclave américaine de Cuba. — Thomas WATKINS / AFP

Alors que Barack Obama espérer fermer Guantanamo, Donald Trump a signé un décret pour maintenir la prison ouverte, pendant encore au moins 25 ans. L’établissement pénitentiaire, l’un des plus célèbres du monde, abrite notamment des détenus accusés d’avoir participé aux attentats du 11-Septembre.

Nous devons « nous assurer que nos installations peuvent durer 25 ans », a déclaré l’amiral John Ring, commandant de la force opérationnelle interarmées qui gère le centre de détention controversé. Fin janvier, Donald Trump a pris la décision de laisser Guantanamo, la prison située à la pointe sud-est de l’île de Cuba, ouverte. Il a signé un décret ordonnant au Pentagone de « maintenir ouvertes les installations carcérales de Guantanamo Bay ».

Plus que 40 prisonniers incarcérés

Son prédécesseur, Barack Obama, avait tenté à plusieurs reprises, en vain, de fermer cette prison décriée par les défenseurs des droits de l’homme. Les détenus n’étant pas jugés par des tribunaux civils, mais par des commissions militaires, leurs cas ont souvent soulevé des contestations judiciaires et des délais interminables. La prison américaine a été ouverte en 2002, peu après l’arrestation des premiers djihadistes dans le cadre de l’intervention américaine en Afghanistan après les attentats du 11-Septembre. Le centre de détention a abrité jusqu’à 780 prisonniers.

Il n’en reste plus que 40, âgés de 37 à 71 ans. Le Yéménite Ali Hamza Ahmad al-Bahlul, un lieutenant d’Oussama ben Laden, a été condamné à perpétuité. Un autre attend sa sentence, qui doit être prononcée à l’été 2019, et 26 autres sont considérés comme trop dangereux pour être libérés. Sur les douze restants, cinq ont été jugés transférables dans un pays tiers par les commissions militaires, les procès des sept autres sont encore en cours.

Aucun nouveau prisonnier depuis dix ans

Pour s’occuper de cette population carcérale vieillissante, le centre de détention a dû s’adapter et moderniser notamment ses installations médicales. Le budget annuel est de 78 millions de dollars et l’amiral Ring a indiqué s’être assuré les services d’une société d’urbanisme pour tenter de faciliter la vie des militaires qui servent à Guantanamo pour une durée moyenne de neuf mois seulement, sans leur famille qui ne peut être hébergée sur place.

Guantanamo n’a reçu aucun nouveau prisonnier depuis 2008 mais depuis sa campagne électorale de 2016, Donald Trump ne cache pas son intention d’y envoyer davantage de « méchants » capturés en Syrie ou en Irak et son décret prévoyait l’envoi de nouveaux détenus. Si nécessaire, le centre pourrait accueillir 40 détenus supplémentaires avec les mêmes infrastructures et le même personnel, a indiqué l’amiral Ring. La prison pourrait même accueillir jusqu’à 200 détenus sans avoir besoin d’être agrandie, mais elle aurait besoin de personnel supplémentaire.