Australie: Une loi sur la reconnaissance du «racisme anti-blanc» repoussée en Australie

VOTE Une sénatrice d’extrême-droite a soumis au vote une motion contre « une déplorable montée du racisme anti-Blancs », disant qu’il « n’est pas grave d’être blanc »…

L.Br.

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Pauline Hanson, sénatrice australienne d'extrême-droite en 2013.
Pauline Hanson, sénatrice australienne d'extrême-droite en 2013. — SAEED KHAN / AFP

Une proposition de loi contre le « racisme anti-blanc » a été repoussée de justesse par les sénateurs en Australie lundi, malgré le soutien du parti au pouvoir et plusieurs ministres du gouvernement, a annoncé CNN.

La motion, rejetée à 31 voix contre 28, a été proposée par l’extrême-droite. Une proposition soutenue par une partie des membres du gouvernement, comme le ministre du Commerce et celui des Affaires indigènes. Face à la polémique, le gouvernement a indiqué qu’il y avait eu une « incompréhension » due à une erreur de processus en interne. Le ministre Christian Porter a blâmé un mail envoyé trop tôt par son équipe, sans sa validation.

« Ce n’est pas grave d’être blanc »

C’est la sénatrice anti-immigration Pauline Hanson qui est à l’origine de cette loi, qui appelait à la reconnaissance « d’une déplorable montée du racisme anti-blancs et des attaques contre la civilisation occidentale ». « Les gens ont le droit d’être fiers de leurs origines culturelles, qu’ils soient noirs, blancs ou zébrés. Si nous ne pouvons nous mettre d’accord, je pense qu’il est prudent de dire que le racisme anti-blancs est bel et bien répandu dans notre société », a déclaré Hanson lundi. Avant d’ajouter : « Ce n’est pas grave d’être blanc ».

Opposé à la motion, le leader des Verts, Richard Di Natale, a pris la parole face aux sénateurs, assurant qu’être blanc n’était pas juste « bien », mais que c’était comme « gagner au loto ». Ce débat est l’apogée de mois de controverse en Australie sur le racisme, entre un dessin controversé de Serena Williams et les propos d’un sénateur d’extrême droite qui a appelé à une « solution finale » sur l’immigration.

Les appels à la démission des membres du gouvernement qui ont voté en faveur de cette motion se multiplient. « En votant pour ce qui est largement connu comme étant un slogan suprémaciste blanc, le ministre des Affaires indigènes s’est mis dans une position intenable en tant que ministre. Il faut qu’il démissionne », a tonné Luke Pearson, le fondateur d’un influent groupe antiraciste, IndigenousX.