Chine: Les «centres d’internement» de musulmans ouighours défendus par les autorités

PRISONS Des diplomates chinois ont fait publier ces dernières semaines des tribunes afin de donner une vision positive de ces centres d’internement...

20 Minutes avec AFP

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Des soldats chinois lors d'une opération antiteroriste dans le Xinjiang, le 27 février 2017.
Des soldats chinois lors d'une opération antiteroriste dans le Xinjiang, le 27 février 2017. — STR / AFP

La Chine a fermement défendu ce mardi son programme d’internement de citoyens musulmans dans le nord-ouest du pays, là où vivent en majorité les Ouïghours. Ce programme est de plus en plus critiqué dans le monde, notamment par les Etats-Unis et le Comité des Nations unies pour l’élimination de la discrimination raciale.

On ne sait pas combien de personnes y sont enfermées, ni si elles sont autorisées à en sortir quand elles le veulent. Le pouvoir chinois a longtemps nié l’existence de centres d’internement. Mais la publication d’images satellites et la présence sur internet de documents officiels mentionnant leur existence l’ont poussée à revoir sa position. Jusqu’à un million de Ouïgours et d’autres membres d’ethnies chinoises de langue turque sont ou auraient été détenus dans ces établissements de la région du Xinjiang, selon des estimations citées par un groupe d’experts de l’ONU.

Lutte contre le terrorisme

Dans un entretien publié mardi par l’agence de presse officielle Chine nouvelle, Shohrat Zakir, le président du Xinjiang, lui-même d’ethnie ouïgour, a défendu ces lieux d’internement, assurant que la région était désormais « en sécurité et stable » grâce à eux. Ces établissements de « formation professionnelle » visent selon lui à améliorer les aptitudes techniques et le niveau de langue chinoise des membres de minorités ethniques.

Pékin dit s’inquiéter d’une poussée de l’islamisme radical au Xinjiang, où environ la moitié des quelque 24 millions d’habitants est de confession musulmane. Des attentats attribués à des Ouïgours ont fait des centaines de morts ces dernières années dans le pays. Au nom de la lutte contre le terrorisme, les autorités y imposent des mesures de sécurité draconiennes :  caméras de surveillance omniprésentes, prélèvements d’ADN, ou encore puces GPS obligatoires dans les voitures.

Des cartes de vœux lors d’une fête musulmane

Des diplomates chinois ont fait publier ces dernières semaines des tribunes dans de nombreux journaux étrangers afin de donner une vision positive de ces centres d’internement. Mais les témoignages à charge se multiplient : les personnes anciennement internées disent avoir été détenues car elles portaient une longue barbe, un voile, ou avaient envoyé des vœux sur internet lors de fêtes musulmanes. « En Chine ils appellent cela un camp politique mais en réalité c’était une prison dans les montagnes », avait déclaré en juillet une ex-enseignante dans un de ces centres, une Chinoise d’ethnie kazakhe, devant un tribunal au Kazakhstan.

Des Ouïgours de l’étranger ont par ailleurs confié à l’AFP être sans nouvelles de proches, ne pas pouvoir renouveler leur passeport, être surveillés ou encore subir des pressions de la police chinoise pour rentrer en Chine.

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