Allemagne: Les alliés bavarois d'Angela Merkel menacés de débâcle électorale

ELECTIONS Tous les sondages prédisent à la très conservatrice Union chrétienne-sociale (CSU), alliée d'Angela Merkel, une perte de sa majorité absolue...

20 Minutes avec AFP

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Les alliés bavarois d'Angela Merkel menacés de débâcle électorale
Les alliés bavarois d'Angela Merkel menacés de débâcle électorale — ODD ANDERSEN / AFP

Près de dix millions d’électeurs ont commencé à voter ce dimanche pour un scrutin régional clé en Bavière qui risque de tourner au désastre pour la CSU, alliée de la chancelière allemande Angela Merkel dans un gouvernement qui n’a jamais été aussi impopulaire.

« La grande coalition ne va pas devenir plus stable après dimanche », juge déjà le quotidien économique Handelsblatt, alors que les sociaux-démocrates du SPD, autre partenaire gouvernemental, s’attendent de leur côté à une complète déroute, face à la montée des Verts et du parti antimigrants  AfD.

La politique nationale et la réputation de Merkel en jeu ?

Les bureaux de vote ont ouvert ce matin à 8 heures. De nombreux électeurs se montraient indécis avant le vote. Les premières tendances à la sortie des urnes devaient être annoncées vers 18 heures.

Tous les sondages prédisent à la très conservatrice Union chrétienne-sociale (CSU) une perte de sa majorité absolue dans ce riche Etat du sud qu’elle gouverne presque sans partage depuis les années soixante.

De quoi déclencher une crise profonde au sein de la CSU, susceptible d’avoir aussi des répercussions sur le fragile exécutif à Berlin.

Et dans deux semaines, une autre élection en Hesse s’annonce très serrée cette fois pour le parti de centre-droit d’Angela Merkel, l’Union chrétienne-démocrate (CDU), qui gouverne le Land avec les écologistes.

Les deux scrutins « affecteront la politique nationale et en conséquence la réputation de la chancelière », a d’ores et déjà prévenu le président de la Chambre des députés Wolfgang Schäuble, fidèle de longue date d’Angela Merkel.

Un mécontement populaire de grande ampleur

Au pouvoir de la première économie européenne depuis 13 ans, la chancelière est affaiblie dans le pays depuis les législatives du 24 septembre, marquée par une percée du parti de la droite radicale Alternative pour l’Allemagne (AfD).

Son ascension a été nourrie par l’arrivée de plus d’un million de réfugiés entre 2015 et 2016, même si la politique migratoire allemande est nettement plus restrictive depuis.

Il a fallu six mois à Angela Merkel pour former un gouvernement, avec un SPD en pleine crise et réticent à se lancer dans une nouvelle grande coalition.

Un sondage publié jeudi a révélé toute l’ampleur du mécontentement des Allemands envers ce gouvernement. Le baromètre de la télévision publique ARD crédite le couple CDU/CSU d’un piètre 26 % des suffrages. Aux élections, ils avaient encore rassemblé près de 33 %.

Le SPD continue sa descente aux enfers avec 15 %, devenant le quatrième parti au niveau national, derrière l’AfD (16 %) et les Verts (17 %).

Le vert en poupe

Dans la catholique Bavière, la CSU est créditée de 34 % des suffrages, contre 47,7 % en 2013, selon le dernier sondage de la télévision publique ZDF jeudi. Le parti a essayé de pêcher dans l’électorat de l’extrême droite, n’hésitant pas à imiter sa rhétorique agressive contre les réfugiés, mais apparemment sans succès.

Horst Seehofer a même conduit le gouvernement à Berlin au bord de la rupture en exigeant un nouveau durcissement de la politique migratoire et en soutenant sans faille le chef du renseignement intérieur, soupçonné de collusion avec l’extrême droite.

Pourtant, le parti qui menace le plus la CSU n’est pas l’AfD (10 % des voix selon le sondage de ZDF, mais les Verts (19 %).

Une chose semble certaine, la CSU devra se chercher un ou des partenaires pour une coalition. Les « Electeurs libres », crédités de 9 % et très proches idéologiquement, risquent de ne pas suffire. Les libéraux du FDP, s’ils passent la barre des 5 %, pourraient être une option supplémentaire.

Le chef du gouvernement régional Markus Söder a pour le moment exclu toute alliance avec les écologistes. Mais reste à savoir s’il conservera son poste en cas de déconfiture électorale.