Affaire Weinstein: Le juge annule un chef d'accusation de «fellation forcée»

ETATS-UNIS Une de ses accusatrices aurait confié à une amie avoir fait cet acte de son plein gré pour obtenir un rôle...

20 Minutes avec AFP

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Harvey Weinstein et son avocat Ben Brafman, à New York le 9 juillet 2018.
Harvey Weinstein et son avocat Ben Brafman, à New York le 9 juillet 2018. — Craig Ruttle/AP/SIPA

Le dossier contre Harvey Weinstein fragilisé. Un juge new-yorkais a annulé jeudi l’un des six chefs d’accusation qui pesaient sur le producteur de cinéma déchu lors d’une audience préliminaire. Une victoire pour la défense, qui est désormais parvenue à remettre en cause le témoignage de deux des trois victimes présumées.

Le juge a annulé la charge « d’agression sexuelle par fellation forcée » suite à l’affaiblissement du témoignage de Lucia Evans. Selon plusieurs médias américains, cette apprentie actrice aurait raconté à une amie avoir effectivement fait une fellation à Harvey Weinstein, mais de son plein gré, pour obtenir un rôle. Jusqu’ici connu seulement des parties et du juge, le document va être prochainement rendu public.

« C’est un développement très important », a commenté après l’audience Benjamin Brafman, l’avocat d’Harvey Weinstein, qui a laissé entendre que le ministère public devrait poursuivre Lucias Evans pour parjure.

« Je t’aime, tu me manques »

La défense cherche à faire annuler toute la procédure et a déposé, début août, un recours en ce sens, produisant des éléments visant à discréditer une autre des trois femmes qui accuse, elle, Harvey Weinstein de viol. Le juge doit encore se prononcer sur ce recours, qui a mis au jour des correspondances montrant que la victime présumée, dont l’identité n’est pas connue, a maintenu des contacts étroits et affectifs avec le producteur, lui écrivant notamment « Je t’aime, tu me manques », après l’agression sexuelle présumée. Il a fixé la prochaine audience au 20 décembre.

« Il ne s’agit pas de stigmatiser les victimes », a prévenu Benjamin Brafman, ou de « suggérer qu’une femme qui témoigne ne devrait pas être crue ». « Il s’agit de la preuve qu’une personne qui a témoigné a menti devant un grand jury », a-t-il ajouté, en référence au jury qui a statué sur la validité des chefs d’accusation.

Des condamnations rares après des années

Il s’agit néanmoins d’un sérieux revers pour l’accusation. Les condamnations en matière de crimes sexuels sont rares au regard du nombre de personnes se disant victimes de tels faits, en particulier lorsqu’il s’agit de faits anciens, comme c’est le cas ici. La condamnation de Bill Cosby a toutefois montré que la parole des femmes est davantage prise en compte, même après des années.

Harvey Weinstein a été interpellé fin mai à New York, huit mois après la publication des premières accusations de harcèlement sexuel, d’agressions sexuelles et de viol le visant. Il a été inculpé de viol, d’acte sexuel forcé et de fellation forcée – ce dernier chef d’accusation ayant donc été annulé jeudi.