Guatemala: Quinze ans de prison pour l’ancienne vice-présidente corrompue Roxana Baldetti

JUSTICE Roxana Baldetti était en détention préventive depuis 2015 et le début de l’enquête sur des faits de corruption…

20 Minutes avec agences

— 

La vice-présidente du Guatemala Roxana Baldetti, lors d'une conférence de presse le 19 avril 2015 à Guatemala City
La vice-présidente du Guatemala Roxana Baldetti, lors d'une conférence de presse le 19 avril 2015 à Guatemala City — Johan Ordonez AFP

L’ancienne vice-présidente du Guatemala, Roxana Baldetti, en poste de 2012 à 2015, a été condamnée ce mardi à quinze ans et six mois de prison pour corruption. Elle est coupable d’avoir « participé et dirigé » le « réseau criminel » pour « escroquer l’Etat du Guatemala » dans le cadre d’un important contrat de dépollution d’un lac près de la capitale.

Outre la vice-présidente, neuf autres personnes (anciens fonctionnaires et chefs d’entreprise) ont été condamnées à des peines allant de trois à quinze ans de prison. Entre 2014 et 2015, ces dix personnes ont détourné près de 2,5 millions de dollars sur les 18 millions destinés à la dépollution du lac d’Amatitlan.

De nombreux pots-de-vin

Roxane Baldetti, première femme à occuper le poste de vice-présidente, est aussi mise en cause dans trois autres dossiers pour corruption. Elle et Otto Perez, président sur la même période, sont en détention préventive depuis 2015 après avoir dû tous deux démissionné de leurs fonctions.

Otto Perez et Roxana Baldetti sont en détention préventive depuis 2015 après avoir été contraints de démissionner de leurs fonctions. La justice les soupçonne d’avoir organisé le gigantesque réseau de corruption « la Linea » et d’avoir touché des pots-de-vin en échange du non-paiement des taxes d’importation par certaines entreprises.

Corrompu sur corrompu

Après le départ forcé d’Otto Perez, c’est Jimmy Morales, acteur comique sans expérience politique, qui a été élu à la tête du Guatemala avec le slogan « Ni corrompu, ni voleur ». Il est depuis soupçonné de financement illégal de sa campagne mais reste protégé par l’immunité de ses nouvelles fonctions.

La levée de l’immunité avait été demandée le 25 août par le parquet et la Commission internationale contre l’impunité au Guatemala (Cicig), une mission spéciale des Nations unies chargée d’enquêter sur les affaires de corruption. Mais le Parlement guatémaltèque avait refusé.