Tunisie: La première loi contre le racisme votée, une avance «historique»

JUSTICE Après de longs débats, la loi a été adoptée avec 125 voix pour, une contre et cinq abstentions...

20 Minutes avec AFP

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Image d'illustration de l'Assemblée tunisienne.
Image d'illustration de l'Assemblée tunisienne. — Miguel Medina AFP

Une avance « historique ». Le parlement tunisien a voté, ce mardi, une loi criminalisant les propos racistes, l’incitation à la haine et les discriminations. Une mesure attendue de longue date par les associations défendant les minorités.

« C’est un tournant très important dans l’histoire de la Tunisie, équivalent à l’abolition de l’esclavage », a déclaré Messaoud Romdhani, le président du Forum tunisien pour les droits économiques et sociaux (FTDES). Après de longs débats, la loi a été adoptée avec 125 voix pour, une contre et cinq abstentions.

« C’est un pas de géant, mais il reste beaucoup à faire pour concrétiser cette loi »

Ce texte, que les associations de défense des minorités réclamaient depuis longtemps, est le premier à rendre les actes racistes criminels. « Il s’agit d’un moment historique pour la Tunisie », a estimé l’Association tunisienne de soutien aux minorités (ATSM), ajoutant qu’elle veillerait à la bonne application du projet de loi.

« C’est un pas de géant, mais il reste beaucoup à faire pour concrétiser cette loi dans une société où il y a du racisme envers les 10 % de Tunisiens noirs et les Africains subsahariens, qui souffrent d’insultes et d’attaques parfois violentes », a renchéri Messaoud Romdhani. «  Il s’agit de punir mais aussi de transmettre le respect, par l’éducation notamment ».

Des actes passibles d’un mois à trois ans de prison

La discrimination raciale est désormais passible de peines allant d’un mois à un an de prison et jusqu’à 1.000 dinars (300 euros) d’amende pour des propos racistes. « L’incitation à la haine », les « menaces racistes », la « diffusion » et « l’apologie du racisme » ainsi que la « création » ou la « participation à une organisation soutenant de façon claire et répétitive les discriminations » sont passibles d’un à trois ans de prison, et jusqu’à 3.000 dinars (1.000 euros) d’amende. L’amende peut monter à 15.000 dinars (environ 5.000 euros) pour les personnes morales.