Lituanie: Un héros de la résistance anti-soviétique enterré 60 ans après sa mort

PAYS BALTES Des archéologues lituaniens avaient retrouvé les restes d'Adolfas Ramanauskas l'an dernier... 

20 minutes avec agences
— 
Localisation de la Lituanie.
Localisation de la Lituanie. — Capture Google Map

Plus de 60 ans après avoir été exécuté, Adolfas Ramanauskas, héros de la guérilla antisoviétique, a eu droit ce samedi à des funérailles nationales. Des milliers de Lituaniens se sont pressés dans les rues de Vilnius (Lituanie) pour rendre un dernier hommage à « Vanagas », le « Faucon ».

Adolfas était chef du mouvement de résistance à l’occupation soviétique des années 1944-1953. Selon la présidente lituanienne Dalia Grybauskaite, le combattant était « si dangereux pour le système [communiste] qu’ils ont essayé non seulement de le détruire, lui et sa famille, mais aussi de dissimuler son identité. Ils n’ont pas réussi », a-t-elle ajouté.

Torturé et exécuté

Vanagas a rejoint le mouvement de résistance en 1945, en réaction à la terreur soviétique, aux exécutions, aux déportations en Sibérie et à l’enrôlement forcé dans l’Armée Rouge. Après s’être caché durant des années, il a été arrêté en 1956. Il a été torturé puis exécuté l’année suivante, avant d’être jeté dans une fosse commune.

L’an dernier, des archéologues lituaniens ont retrouvé la trace du résistant. L’homme était enterré aux côtés d’autres combattants exécutés pour « crimes politiques ». En juin, un test ADN a confirmé que les restes découverts étaient bien ceux de Vanagas.

Un jour « historique »

Le Premier ministre Saulius Skvernelis a qualifié cet enterrement de « jour de justice historique ». « J’aurai maintenant sa tombe où je pourrai aller si je veux passer un moment avec lui », a confié Auksute R. Skokauskiene, fille du résistant, à la télévision publique.

La Lituanie a proclamé son indépendance de l’URSS en 1990. Ses relations avec Moscou demeurent tendues. En 2017, le ministre lituanien de la Défense avait dénoncé les manœuvres militaires russes, affirmant qu’une attaque contre les pays baltes avait même été simulée.