VIDEO. Etats-Unis: Le juge conservateur Kavanaugh, confirmé à la Cour suprême, a prêté serment

MONDE Malgré les soupçons d'agressions sexuelles, le Sénat américain a confirmé ce samedi le juge Brett Kavanaugh à la Cour suprême à une courte majorité...

20 Minutes avec AFP

— 

Brett Kavanaugh prête serment avant son audition devant le Sénat le 27 septembre 2018.
Brett Kavanaugh prête serment avant son audition devant le Sénat le 27 septembre 2018. — MICHAEL REYNOLDS/NEWSCOM/SIPA

Après trois semaines de tourmente politique, Donald Trump a remporté ce samedi une victoire de haute lutte. La confirmation de son candidat à la Cour suprême, le juge Brett Kavanaugh, devrait satisfaire son électorat conservateur à un mois, jour pour jour, d’élections risquées.

« J’applaudis et je félicite le Sénat pour la confirmation de notre formidable candidat », a salué sur Twitter le président américain, qui a défendu bec et ongles Brett Kavanaugh. Le juge a prêté officiellement serment samedi soir lors d’une cérémonie privée à la Cour suprême.

Courte majorité

Le Sénat américain a en effet approuvé ce samedi la nomination du juge conservateur Brett Kavanaugh à la Cour suprême, à l’issue d’un processus de confirmation chaotique marqué par des accusations d'agression sexuelle contre le magistrat lorsqu’il était jeune.

Brett Kavanaugh, qui a catégoriquement nié ces accusations, a obtenu une courte majorité (50-48), offrant une importante victoire politique au président Donald Trump qui devrait placer les juges progressistes en minorité pour de nombreuses années au sein de la plus haute instance judiciaire

Manifestation devant la Cour suprême

Un millier de manifestants ont passé la journée de samedi devant la Cour suprême, située à quelques dizaines de mètres du Capitole. Après le scrutin, ils ont frappé de colère à la porte du bâtiment de marbre blanc, obligeant la police à intervenir. Et, dans l’hémicycle, le vote a été plusieurs fois interrompu par des cris de protestation.

Le Sénat, chargé de donner le feu vert pour les nominations à vie au sein du temple du droit américain, a suivi les lignes partisanes - les républicains votant pour et les démocrates contre - à l’exception d’un élu démocrate. La républicaine de l’Alaska Lisa Murkowski, qui avait annoncé qu’elle voterait non, s’est finalement abstenue.

L’élue, qui remettra son mandat en jeu en 2022, s’est pourtant attiré les foudres du président américain. « Elle ne s’en remettra pas. Je pense que les gens de l’Alaska ne lui pardonneront jamais pour ce qu’elle a fait », a affirmé au Washington Post Donald Trump, qui devait participer à une réunion électorale dans la soirée au Kansas.

Républicains comme Démocrates espèrent que cette nomination leur profitera

Le président américain peut crier victoire. Comme promis pendant la campagne, il a fait pencher l’institution dans le camp conservateur en nommant deux juges depuis son entrée en fonction. Les « progressistes » sont désormais en minorité (quatre sur neuf). C’est un revers pour les démocrates et défenseurs des droits civiques qui s’étaient mobilisés dès sa nomination en juillet pour tenter d’empêcher sa confirmation.

Donald Trump espère que ce succès politique, couplé à une ligne dure sur l’immigration et une économie en pleine croissance, poussera ses partisans à le remercier dans les urnes lors des « midterms », et à lui offrir une majorité plus confortable au Congrès. « Les républicains vont très bien s’en sortir », a-t-il dit samedi à des journalistes l’accompagnant au Kansas. « Nous bénéficions d’un dynamisme que l’on n’avait pas vu depuis des années ».

Les démocrates espèrent eux que cette nouvelle polémique mobilisera l’électorat féminin et leur permettra de reprendre le contrôle du Congrès. « Nous sommes déçues. Nous sommes furieuses. Mais nous exprimerons notre colère aux élections », a mis en garde sur Twitter l’organisation d’aide aux candidates démocrates Emily’s List. « Aux Américains, à tous les millions de gens outrés par ce qu’il s’est passé ici, il n’y a qu’une réponse : votez », avait lancé samedi avant le vote au Sénat le chef de la minorité démocrate, Chuck Schumer.