Pérou: La grâce de l'ex-président Fujimori annulée, son arrestation ordonnée

DECISION La décision fait suite à un recours des familles des victimes du gouvernement Fujimori demandant de revenir « sur la grâce pour raison de santé en faveur »…

20 Minutes avec AFP

— 

Une affiche réclamant la libération de l'ancien président péruvien, Alberto Fujimori, à Lima, le 24 décembre 2017.
Une affiche réclamant la libération de l'ancien président péruvien, Alberto Fujimori, à Lima, le 24 décembre 2017. — Martin Mejia

Son arrestation ordonnée. Alors qu'une grâce avait été accordée, fin 2017, à l’ancien président du Pérou, Alberto Fujimori, condamné pour crimes contre l’humanité et corruption, un juge a annulé la décision, ce mercredi, a annoncé l’administration judiciaire.

« Un juge a ordonné que l’on localise et arrête l’ancien président Fujimori afin qu’il soit placé en détention », a écrit l’administration judiciaire péruvienne sur son compte Twitter. En décembre dernier, l’ex-homme fort du Pérou avait été gracié à cause de son état de santé, alors qu’il avait été condamné à 25 ans de prison pour crimes contre l'humanité.

« Des irrégularités avaient été commises au moment de la grâce »

La décision du magistrat Hugo Nuñez fait suite à un recours des familles des victimes du gouvernement Fujimori demandant de revenir «sur la grâce pour raison de santé en faveur » de celui qui a présidé le Pérou d’une main de fer de 1990 à 2000, a expliqué l’institution.

Carlos Rivera, l’avocat des parties civiles à l’origine de l’annulation, a expliqué à l’AFP que la décision de mercredi était fondée car « des irrégularités avaient été commises au moment de la grâce ».

Le Pérou épinglé en juin par la Cour interaméricaine des Droits de l’homme

Retiré de la vie politique, ce père de quatre enfants et grand-père de deux petites-filles, âgé de 80 ans, vivait depuis seul dans une maison en location dans un quartier chic de Lima. Alberto Fujimori, qui a dirigé le Pérou d’une main de fer de 1990 à 2000, avait été reconnu coupable d’avoir commandité deux massacres perpétrés par un escadron de la mort en 1991-1992.

Cette libération anticipée au bout de 12 ans décidée par l’ancien président Pablo Pedro Kuczynski a déclenché une crise politique et de vives protestations d’organisations de défense des droits de l’homme et des victimes de la répression du régime Fujimori. Mi-juin, la Cour interaméricaine des Droits de l’homme avait épinglé le Pérou pour cette grâce.