Italie: L'auteur d'une fusillade raciste condamné à 12 ans de prison

CONDAMNATION L’homme avait tiré sur des Africains, pour venger le meurtre sordide d’une jeune femme, attribué à des dealers nigérians…

20 Minutes avec AFP

— 

Luca Traini pris en photo, lors de son arrestation, par les policiers italiens. Il a été condamné à 12 ans de prison pour une fusillade raciste.
Luca Traini pris en photo, lors de son arrestation, par les policiers italiens. Il a été condamné à 12 ans de prison pour une fusillade raciste. — HO / ITALIAN CARABINIERI PRESS OFFICE / AFP

Douze ans de réclusion. La cour d’assises de Macerata, en Italie, a condamné l'auteur d'une fusillade raciste, qui a eu lieu en février dernier, à 12 ans de réclusion criminelle, ont rapporté les médias locaux, ce mercredi.

En février dernier, le corps de Pamela Mastropietro, 18 ans, avait été découvert découpé en morceaux. Alors que le meurtre avait été attribué à des dealers nigérians, Luca Traini, un agent de sécurité italien de 28 ans et militant d’extrême droite, avait silloné la ville pendant plus de deux heures en tirant sur des Africains, pour venger le meurtre de la jeune femme, qu’il ne connaissait pas.

« Ce n’est pas ma faute si à Macerata tous les dealers sont noirs »

L’affaire avait provoqué un vif émoi : Luca Traini avait reçu de nombreux messages de sympathie et aucun responsable politique ne s’était rendu auprès des victimes hospitalisées. Le parquet avait requis la peine maximale, à savoir 22 ans de réclusion pour fusillade aggravée par la haine raciale​, tout en précisant que le choix de Luca Traini d’une procédure judiciaire accélérée réduisait automatiquement cette peine à 12 ans de réclusion.

« Je présente mes excuses pour ce que j’ai fait. En prison, j’ai compris que je m’étais trompé et qu’il n’y a pas de différence entre les noirs et les blancs », avait déclaré l’accusé à l’ouverture de la dernière audience de ce procès à huis clos, qui s’était ouvert en mai dernier. Luca Traini a reconnu les tirs mais en a réfuté le caractère raciste : « Je voulais frapper les dealers, comme ceux qui ont vendu la drogue à Pamela. Ce n’est pas ma faute si à Macerata tous les dealers sont noirs », avait-il expliqué lors d’un interrogatoire.