Qui est François Legault, l'ex-homme d'affaires millionnaire devenu Premier ministre du Québec?

CANADA Son parti Coalition Avenir Québec (CAQ) a remporté les élections législatives le week-end dernier, dynamitant l'alternance traditionnelle des partis indépendantistes et fédéralistes au Québec...

20 Minutes avec AFP

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François Legault, le 28 septembre 2018 à Montréal.
François Legault, le 28 septembre 2018 à Montréal. — MARTIN OUELLET-DIOTTE / AFP

Il est le nouvel homme fort du Québec. « Aujourd’hui, on a marqué l’histoire », a triomphé François Legault, 61 ans, après la nette victoire de la Coalition Avenir Québec (CAQ) aux élections législatives québécoises lundi. Nationaliste modéré, l’ex-homme d’affaires remplace Philippe Couillard et devient le Premier ministre désigné de la province canadienne.

Travailleur infatigable, rassembleur, fidèle en amitié mais impitoyable en affaires, orgueilleux… Le portrait qu’en dressent ses collaborateurs est mitigé. Issu d’un milieu modeste, comptable de formation, François Legault a cofondé la compagnie aérienne Air Transat en 1986. Il en claque la porte une dizaine d’années plus tard, revend ses parts et devient millionnaire à moins de 40 ans.

Il fonde son propre parti

Très vite happé par la politique, il rejoint les rangs du Parti québécois (indépendantiste), devient ministre de l’Industrie en 1998, puis ministre de l’Education et de la Santé. Il fonde ensuite la Coalition Avenir Québec, coalition nationaliste hétéroclite située à droite, qui veut incarner le « changement » tout en maintenant la province dans la fédération. Pragmatique, cet ancien comptable revendique une approche « business » de la politique et des valeurs nationalistes : moins d’Etat, une meilleure gestion des finances publiques et une plus grande autonomie du Québec.

Il prône également une plus grande fermeté sur l'immigration, qui menace selon lui la langue française au Québec. Il propose de réduire de plus de 20 % le nombre d’immigrants et réfugiés accueillis chaque année, et de faire passer des tests de « valeurs québécoises » et de français aux immigrés, après trois ans de séjour dans la province.

Dérive populiste

Ces propositions lui valent les critiques de ses rivaux et de ses détracteurs, qui l’accusent d’une dérive populiste parfois comparée à celle de l’extrême droite en Europe. Mardi, son élection a d’ailleurs été saluée par la cheffe de l’extrême droite française Marine Le Pen.

François Legault, qui se défend d’être « anti-immigration », rétorque qu’il veut au contraire « bien accueillir » les immigrants, dans une province qui connaît quasiment le plein-emploi et ne peut se passer de cette main-d’œuvre. « Je crois qu’à 40.000, le Québec va continuer d’accueillir, toutes proportions gardées, plus d’immigrants que les Etats-Unis ou la France », a-t-il fait valoir mardi.

Lundi soir, après deux échecs en 2012 et 2014, François Legault a gagné son pari : dynamiter la traditionnelle alternance indépendantistes-fédéralistes qui rythme la vie politique québécoise depuis un demi-siècle.