Thaïlande: Victime du tourisme de masse, «La Plage» de Leonardo DiCaprio est fermée pour une durée indéterminée

THAILANDE La plage paradisiaque aux eaux jadis cristallines, qui accueillait 5 000 visiteurs par jour, a subi une érosion sévère et une grande partie des récifs coralliens ont été endommagés par la pollution des moteurs…

M.C.

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Leonardo DiCaprio dans «La Plage» (2000).
Leonardo DiCaprio dans «La Plage» (2000). — REX FEATURES/SIPA

Cauchemar éveillé pour plage de rêve. La fermeture de la baie thaïlandaise rendue célèbre par le film La Plage (2000), avec Leonardo DiCaprio (et Virginie Ledoyen, et Guillaume Canet), a été prolongée pour une durée indéterminée alors que les dégâts causés par le tourisme de masse se sont révélés pires que prévu, a annoncé mercredi un responsable local.

Les autorités avaient décidé une fermeture temporaire de juin à octobre. Mais une étude réalisée pendant cette période a montré qu’il était « impossible » de remédier au problème en seulement quatre mois, a déclaré à l’AFP Songtam Suksawang, directeur du bureau des parcs nationaux. La fermeture a donc été prolongée le 1er octobre pour une durée indéterminée, jusqu’à ce que l’écosystème de la zone touchée « retrouve une situation normale », a-t-il ajouté.

Les touristes affluent sur la plage de Maya Bay en mars 2017.
Les touristes affluent sur la plage de Maya Bay en mars 2017. - Rajavi Omanee/AP/SIPA

5 000 visiteurs par jour

Située sur l’île de Koh Phi Phi Ley près de Phuket, Maya Bay, plage paradisiaque aux eaux jadis cristallines, accueillait quelque 5 000 visiteurs par jour, parmi lesquels un nombre croissant de Chinois. La plupart ne restaient que quelques dizaines de minutes, avant de rembarquer à bord de hors-bord affrétés par les multiples tour opérateurs de la région. Cette notoriété a conduit à une catastrophe écologique : la plage a subi une érosion sévère et une grande partie des récifs coralliens ont été endommagés en raison de la pollution des moteurs.

La Thaïlande, qui accueille chaque année plus de 35 millions de vacanciers, est confrontée à une dégradation avancée de ses fonds marins. Outre le réchauffement climatique, est pointé du doigt le comportement des touristes, qui n’hésitent pas à marcher sur les coraux, mais aussi la surabondance de tour opérateurs et l’absence de régulation sur ces îles censées être protégées par leur statut de parcs nationaux. Les autorités ferment régulièrement l’accès à certaines îles.

A travers l’Asie du Sud-Est, se retrouvent le même phénomène de surpopulation touristique et son impact sur le fragile écosystème des îles. En avril, les Philippines ont fermé jusqu’à fin octobre Boracay, l’île la plus courue de l’archipel, également victime du tourisme de masse.