Séisme en Indonésie: Une course contre-la-montre pour les secouristes sur un terrain difficile

CATASTROPHE Le bilan continue de s’alourdir sur l’île des Célèbes frappée par un séisme de magnitude 7,5 puis d’un tsunami. Au moins 1.234 personnes ont trouvé la mort et les secours n’ont pas encore accédé à toutes les zones sinistrées…

F.P.
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Valise à la main, une femme tente de se frayer un chemin sur une route détruite à Palu, en Indonésie, frappée par un séisme.
Valise à la main, une femme tente de se frayer un chemin sur une route détruite à Palu, en Indonésie, frappée par un séisme. — JEWEL SAMAD / AFP
  • Un séisme de 7,6 sur l’échelle de RIchter, suivi d’un tsunami, a frappé l’île des Célèbes en Indonésie.
  • Le bilan des victimes a été revu à la hausse ce mardi, l’agence indonésienne de gestion des catastrophes estimant désormais le nombre de morts à 1.234.
  • Palu, l’une des villes les plus touchées par le tremblement de terre, est dévastée et de nombreuses routes restent coupées, ce qui complique le travail des secouristes.

De 844 morts à 1.234. Le bilan du séisme et du tsunami qui a durement frappé l’île des Célèbes en Indonésie, vendredi, ne cesse de s’alourdir à mesure que les secours déblaient les décombres et parviennent à établir le contact avec les villages isolés. 20 Minutes fait le point sur les difficultés rencontrées par les secours.

Amas de débris et routes coupées

Le séisme de magnitude 7,5 sur l'échelle de Richter [graduée jusqu'à 9] et le tsunami qui a suivi, avec des vagues atteignant six mètres, a particulièrement dévastée la ville côtière de Palu (350.000 habitants) à 78 km de l’épicentre, ainsi que la région de Donggala, plus au nord. Mais les dégâts sont considérables sur l’ensemble de l’île des Célèbes. Le bureau de coordination des affaires humanitaires de l’ONU (UNOCHA) estimait lundi à 191.000 le nombre de personnes ayant besoin d’une aide humanitaire d’urgence dont 46.000 enfants et 14.000 personnes âgées.

Dans ce contexte, les secouristes avancent à tâtons sur un terrain difficile. A Palu déjà, parsemée de débris en tout genre où les déblaiements se font encore souvent à tâtons dans l’espoir de retrouver des rescapés. La destruction de ponts et routes stratégiques complique aussi le travail des secouristes. Le district montagneux de Siri Biromaru, au sud-est de Palu, est particulièrement difficile d’accès et les secouristes sont confrontés à une marche exténuante pour récupérer les victimes. « Le problème le plus important est de marcher dans la boue pendant une heure et demie tout en portant les corps, rapporte à l’AFP Aulia Arriani, porte-parole de La Croix-Rouge.

Le PUI (Pompiers de l’urgence internationale) fait l’expérience en ce moment même de la difficulté d’accéder jusqu’à Palu. L’association envoie une équipe de cinq pompiers depuis Limoges pour acheminer du matériel de secours sur place, « dont un scanner permettant de détecter sous les décombres, à six mètres de profondeur, de potentielles victimes, vivantes ou décédées », détaille Nathalie Buisson, coordinatrice projet de l’association. De Djakarta, l’équipe pourra rejoindre Makassar [à l’extrême sud de l’île des Célèbes] a priori par avion. Il faudra ensuite se rendre jusqu’à Palu (tout au nord à environ 1.000 km de Makassar] et cette dernière étape s’annonce très compliquée. »

La gestion des dépouilles, l’autre urgence

En attendant les secours, les citoyens commencent à enterrer eux-mêmes les victimes. Comme à Poboya, dans les collines surplombant Palu où une vaste fosse commune d’une capacité de 1.300 corps a été creusée, constate l’AFP. Au-delà de la recherche de rescapées, c’est l’autre urgence à traiter : la gestion des dépouilles prises au piège des décombres. Dans le climat équatorial chaud et humide qui prévaut en Indonésie, la décomposition est accélérée et fournit un terrain propice aux maladies.

Le Groupe de secours catastrophe français  achemine en ce moment une équipe de secouristes et du matériel sur l’île des Célèbes. « Un vibraphone là encore pour aider à localiser des victimes sous les décombres, mais aussi du travail médical ou encore une unité de traitement de l’eau », précise Thierry Velu, fondateur du Groupe de secours. Le sapeur-pompier ne s’attend pas à avoir un bilan définitif des victimes « avant quatre jours ».

« L’acheminement de nourriture et d’eau potable sera aussi très vite vital, indique également Thierry Velu. Son association a prévu de rester au minimum huit jours sur place avant d’envisager un nouvel acheminement de matériel en fonction des besoins et des dons reçus. Pour leur part, les cinq secouristes du PUI devraient rester dix jours sur l’île de Célèbes.