Une Saoudienne ne pourra pas épouser son compagnon... car il joue de la musique

MARIAGE Selon la famille de la jeune femme, l’homme n’est pas « religieusement au même niveau qu’elle » parce qu’il joue de l’oud, un instrument à cordes…

20 Minutes avec AFP

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Une Saoudienne devant un magasin de robes de mariées, le 4 février 2013, à Riyad en Arabie Saoudite.
Une Saoudienne devant un magasin de robes de mariées, le 4 février 2013, à Riyad en Arabie Saoudite. — FAYEZ NURELDINE / AFP

Après deux ans de bataille, une femme de 38 ans a perdu son procès contre sa famille, en Arabie Saoudite. La cause ? Ses proches l’empêchaient de se marier avec son compagnon, avançant qu’il avait mauvaise réputation car il est musicien, a rapporté le quotidien saoudien Okaz, mardi 2 octobre.

Cette Saoudienne, diplômée et cadre bancaire à Qassim, une région considérée comme ultraconservatrice au nord de Ryad, a annoncé qu’elle allait poursuivre son combat judiciaire pour tenter de faire annuler le verdict, a expliqué le journal.

Jouer d’un instrument de musique peut engendrer une mauvaise réputation

Lorsque son compagnon l’a demandé en mariage il y a deux ans, sa famille avait refusé, avançant que l’homme n’était pas « religieusement au même niveau qu’elle » parce qu’il joue de l’oud, instrument à cordes pincées répandu dans les pays arabes, a précisé Okaz.

Dans les milieux conservateurs, jouer d’un instrument de musique peut être considéré comme mauvais pour la réputation d’un homme. Et certaines tribus peuvent refuser de donner leurs filles en mariage à des hommes considérés comme de statut inférieur ou ayant mauvaise réputation.

L’homme a une « bonne réputation, est profondément pieux »

Les hommes ayant le statut de gardien légal dans le pays​ et pouvant l’empêcher de se marier à son prétendant, la jeune femme s’est tournée vers la justice. Un tribunal de première instance a donné raison à la famille, mais elle a fait appel, contestant des témoins qui affirmaient que son prétendant jouait de l’oud. La Cour d’appel a finalement confirmé le jugement qui devient final, a encore indiqué Okaz.

Cette Saoudienne, qui veut toujours se marier à son compagnon, soutient que cet homme, un instituteur, a une « bonne réputation, est profondément pieux » et a formé durant vingt ans de jeunes Saoudiens. Elle estime « anormal », selon le journal, qu’on puisse ne pas prendre en compte son avis sur sa vie personnelle alors qu’elle détient un poste de responsabilité. Elle craint aussi de ne jamais se marier alors qu’elle a aujourd’hui 38 ans.