Melania Trump part seule en tournée «diplomatique et humanitaire» en Afrique

ETATS-UNIS Ce voyage « diplomatique et humanitaire » d’une semaine la mènera au Ghana, au Malawi, au Kenya et en Egypte…

20 Minutes avec AFP

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Melania Trump sur la base aérienne d'Andrews, en partance pour l'Afrique le 1er octobre 2018.
Melania Trump sur la base aérienne d'Andrews, en partance pour l'Afrique le 1er octobre 2018. — Carolyn Kaster/AP/SIPA

Melania Trump en Afrique. La Première dame des Etats-Unis s’est envolée lundi, sans son mari, pour un voyage d’une semaine qui la mènera au Ghana, au Malawi, au Kenya et en Egypte. Une « First Lady » qui se rend à l’étranger sans le président n’a, en soi, rien d’extraordinaire : Michelle Obama l’avait fait à plusieurs reprises, de l’Afrique du Sud à la Chine.

Mais l’entêtant parfum de mystère qui entoure toujours la discrète Melania, près de deux ans après l’élection de Donald Trump, et les propos incendiaires de ce dernier concernant le continent africain donnent à ce périple un relief particulier. L’ex-mannequin d’origine slovène, chaussée de talons aiguilles à motif léopard, a quitté la base militaire d’Andrews, proche de Washington, peu après 18 heures (minuit, heure française).

« C’est son voyage, son initiative »

La troisième épouse du président des Etats-Unis posera le pied sur le continent africain pour la première fois de sa vie. Brisera-t-elle un peu la glace ? S’aventurera-t-elle, même de manière allusive, sur le terrain politique ? Pour cette visite « diplomatique et humanitaire », selon les termes de sa porte-parole Stephanie Grisham, elle entend mettre l’accent sur les enfants.

« Que ce soit pour l’éducation, la dépendance aux drogues, la faim, la sécurité sur internet, les intimidations, la pauvreté ou les maladies, ce sont trop souvent les enfants qui sont les premières victimes dans le monde », expliquait-elle il y a quelques jours depuis New York. Au-delà de rencontres avec d’autres Premières dames, elle entend mettre en lumière le travail de l’Usaid, l’agence américaine pour le développement. Mais, insiste Stephanie Grisham, elle ne part pas en voyage commandé. « C’est son voyage, son initiative », explique-t-elle.

Une « femme de peu de mots », « très indépendante

De fait, aux Etats-Unis comme sur la scène internationale, la Première dame s’est jusqu’ici tenue à distance, dans une forme de neutralité, des initiatives de son mari, dans un contraste marqué avec la plupart de celles qui l’ont précédée à cette fonction. A ce jour, « elle n’a pas été l’avocate ou la porte-voix de ses politiques », explique Anita McBride, ancienne « Chief of staff » de Laura Bush, épouse de George W. Bush, qui enseigne aujourd’hui à l’American University de Washington.

« Nombre de Premières dames ont été des atouts politiques pour leur mari, même quand ces derniers étaient très impopulaires », rappelle-t-elle, citant entre autres le cas de Lady Bird Johnson, épouse de Lyndon Johnson, qui avait sillonné le sud des Etats-Unis lors de la campagne présidentielle de 1964.

Melania Trump, « femme de peu de mots », est « très indépendante, elle l’a signifié dès le début, juste après l’élection, lorsqu’elle a indiqué qu’elle ne déménagerait pas tout de suite à Washington », ajoute Anita McBride.

« Pays de merde »

Reste que le déplacement pourrait s’avérer délicat. « Nous adorons tous les deux l’Afrique », lançait Donald Trump à l’ONU il y a quelques jours. « Le plus bel endroit du monde à de nombreux égards ». Au-delà de cette formule de la part d’un président friand de superlatifs, Donald Trump n’a, depuis son arrivée au pouvoir en janvier 2017, jamais montré d’intérêt pour ce continent. Et les rares fois où il l’a évoqué, la polémique fut violente.

En janvier, lors d’une réunion à la Maison Blanche, il s’était indigné, parlant de Haïti et des pays africains, de l’immigration en provenance de « pays de merde ». Il n’a pas explicitement contesté ces propos, tenus lors d’une réunion à huis clos avec des élus et qui ont laissé des traces.

Nouvelle controverse de taille en août, lorsqu’il dénonce le sort réservé aux fermiers blancs an Afrique du Sud, victimes selon lui de « meurtres de grande ampleur ». Dans un pays engagé dans une réforme agraire visant à réparer, plus de vingt ans après la chute de l’apartheid, les injustices criantes héritées du régime ségrégationniste, les propos sont mal passés. « Qu’il s’occupe de son Amérique, nous nous occuperons de l’Afrique du Sud », avait rétorqué, cinglant, le président sud-africain Cyril Ramaphosa.