Un bus de l'ONG Amnesty International
Un bus de l'ONG Amnesty International — Kriz Krystof/AP/SIPA

POLEMIQUE

Grèce: Amnesty International dénonce le lynchage et l'assassinat d'un militant homosexuel

Un Grec d’une trentaine d’années est mort le 21 septembre dernier, après avoir été battu par plusieurs personnes lors d’une tentative de vol dans une bijouterie…

Une agression « sexiste et homophobe » pour Amnesty International. La section grecque de l’ONG a dénoncé, lundi 1er octobre, « le lynchage » et « l’assassinat » d’un militant homosexuel, survenu il y a une dizaine de jours une bijouterie d’Athènes, en Grèce, après une tentative de vol présumée.

L’organisation de défense des droits de l’Homme a appelé les autorités à « une enquête transparente ». Militant de la communauté LGBT et toxicomane présumé, Zacharias Kostopoulos, 33 ans, est mort le 21 septembre, après avoir été battu par plusieurs personnes lors d’une tentative de vol dans une bijouterie, selon la police.

Une enquête ouverte pour « lésions corporelles mortelles »

Selon les images de deux vidéos diffusées le lendemain de sa mort, la victime était accroupie à l’intérieur de la vitrine brisée et tentait de sortir, quand il a reçu une série de coups de pied assénés par deux personnes, dont le propriétaire de la bijouterie. Ces images montraient aussi la victime courir alors qu’il était grièvement blessé avant de tomber sur le trottoir et être menotté par des policiers.

Sa mort a été constatée à l’hôpital où il a été transféré. Le parquet d’Athènes a ouvert des poursuites pénales pour « lésions corporelles mortelles » contre le propriétaire de la bijouterie et à une seconde personne soupçonnée d’avoir frappé la victime.

Manifestation mardi à Athènes à l’appel de LGBT-Grèce et d’autres ONG

« Les témoignages et les vidéos nous ont choqués », a indiqué Amnesty-Grèce dans un communiqué. Amnesty et la section grecque de la Ligue des droits de l’homme, critiquent aussi « l’attitude » des policiers qui ont fait preuve d’une « extrême cruauté » en frappant la victime alors qu’elle était déjà grièvement blessée.

« L’enquête pénale et administrative doit aussi examiner ces pratiques qui sont incompatibles avec la fonction démocratique de la police », souligne la Ligue. A l’instar d’autres organisations de défense des droits de l’homme, Amnesty a qualifié «l'agression de sexiste et homophobe» et déploré « la stigmatisation des toxicomanes ». Une manifestation devait avoir lieu mardi à Athènes à l’appel de LGBT-Grèce et d’autres ONG.