Séisme en Indonésie: Victimes, aide, état d'urgence... Quel est le bilan quatre jours après?

CATASTROPHE NATURELLE Les autorités indonésiennes craignent que le bilan ne s'alourdisse encore et ont déclaré un état d'urgence de 14 jours...

20 Minutes avec AFP
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Les dégâts sur l'île de Palu, en Indonésie, après le sésime et le tsunami qui ont touché l'île, le 28 septembre 2018.
Les dégâts sur l'île de Palu, en Indonésie, après le sésime et le tsunami qui ont touché l'île, le 28 septembre 2018. — YUSUF WAHIL / AFP

Tandis que les recherches continuent pour tenter de retrouver des survivants après le séisme et le tsunami, qui ont frappé l'île des Célèbes et dévasté la ville de Palu en Indonésie, vendredi 28 septembre, les premiers enterrements commencent.

Des volontaires ont commencé, lundi 1er octobre, à enterrer les corps des victimes dans une vaste fosse commune. Selon l’ONU, près de 191.000 survivants auraient, eux, besoin d’un aide humanitaire d’urgence.

  • Quel est le dernier bilan ?

Cette catastrophe a fait au moins 844 morts, et 59.000 déplacés, selon le dernier bilan annoncé, lundi 1er octobre, par l’agence de gestion des catastrophes et le gouvernement. Le bureau de coordination des affaires humanitaires de l’ONU (UNOCHA) a estimé de son côté à 191.000 le nombre de personnes ayant besoin d’une aide humanitaire d’urgence.

Au moment du séisme, 114 étrangers se trouvaient dans la région, la plupart sont sains et saufs et en cours d’évacuation, selon l’agence de gestion des catastrophes. Trois Français ont été retrouvés, a confirmé le ministère français des Affaires étrangères. Mais les autorités sont encore sans nouvelles d’un Belge et estiment qu’un Sud-Coréen peut être parmi les victimes de l’hôtel Roa Roa.

Les autorités indonésiennes craignent que le bilan ne s’alourdisse encore et ont déclaré un état d’urgence de 14 jours.

  • Comment s’organise l’aide humanitaire ?

Après le séisme d’une magnitude de 7,5 suivi d’un tsunami, les habitants manquent de tout : nourriture, eau potable, carburant ou médicaments. Les réseaux électriques et de télécommunications ont été très endommagés et les sauveteurs manquent d’équipements pour rechercher les survivants dans les décombres.

Le président indonésien Joko Widodo a autorisé l'aide internationale d'urgence alors que des dizaines d'agences humanitaires et d'ONG se sont dites prêtes à contribuer. Mais elles ont beaucoup de difficultés à faire parvenir de l’aide sur place puisque des routes sont coupées et les aéroports endommagés.

Oxfam « prévoit d’apporter de l’aide à potentiellement 100.000 personnes », de la nourriture instantanée, des kits de purification d’eau et des abris, a indiqué Ancilla Bere, une responsable de l’ONG en Indonésie.

  • Comment s’organisent les enterrements ?

Des volontaires ont commencé à enterrer les premières victimes, à Poboya au-dessus de la ville de Palu, dans une vaste fosse commune, prévue pour 1.300 corps. Les autorités avaient d’abord disposé les corps dans des morgues improvisées pour qu’ils puissent être identifiés mais, devant le risque sanitaire, elles se sont décidées à procéder à des enterrements de masse.

  • Combien de détenus se sont évadés des prisons de l’île ?

Avec le chaos engendré par le séisme et le tsunami, près de 1.200 détenus se sont évadés de trois prisons différentes, ont annoncé les autorités lundi.

Un centre de détention à Palu, construit pour héberger 120 personnes, a vu la plupart de ses 581 détenus franchir les murs abattus. La prison de Donggala a, elle, été incendiée et ses 343 détenus sont en fuite. Le feu semble avoir été allumé par les prisonniers, inquiets pour leurs familles.

« Ils ont paniqué en apprenant que Donggala a été durement frappée par le tremblement de terre », selon Sri Puguh Utami, une responsable du ministère de la Justice. « Les responsables de la prison ont négocié avec les prisonniers pour leur permettre d’aller prendre des nouvelles de leur famille. Mais certains détenus n’ont visiblement pas été assez patients et ont mis le feu. »