Indonésie: Plus de 1.000 détenus profitent du séisme pour s'évader

PANIQUE Pour les prisonniers restés en celulle dans les prisons surchargées de Palu, les gardiens sont confrontés à une pénurie de nourriture...

20 Minutes avec AFP

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Un officier de police devant une station service dans la ville de Palu en Indonésie, le 1er octobre 2018.
Un officier de police devant une station service dans la ville de Palu en Indonésie, le 1er octobre 2018. — Rifki/AP/SIPA

C’est une conséquence inattendue du séisme suivi d’un tsunami qui a ravagé une partie de l’Indonésie vendredi. Jusqu’à 1.200 détenus, paniqués, se sont évadés de trois prisons différentes, a annoncé ce lundi le gouvernement.

Un centre de détention surchargé à Palu, construit pour héberger 120 personnes, a vu la plupart de ses 581 détenus franchir les murs abattus par le séisme de magnitude 7,5. « Au début, les choses allaient bien mais peu après le tremblement de terre, de l’eau est remontée à la surface dans la prison, provoquant la panique chez les prisonniers et les poussant à fuir », a ajouté Sri Puguh Utami, une responsable du ministère de la Justice, précisant que l’eau ne provenait pas du tsunami engendré par le séisme.

Question de vie ou de mort

« Je suis sûr qu’ils se sont évadés parce qu’ils craignaient d’être touchés par le tremblement de terre. C’est évidemment une question de vie et de mort pour les prisonniers », a-t-elle déclaré à l’AFP.

Un peu plus de 100 personnes restaient incarcérées dans les deux prisons de Palu, mais les gardiens étaient confrontés à une pénurie de nourriture pour les alimenter et tentaient d’acheter des denrées dans les magasins alentour encore ouverts, selon la même source.

Délits liés à la drogue

La prison de Donggala a été incendiée et ses 343 détenus sont en fuite, a-t-elle ajouté. Le feu semble avoir été allumé par les prisonniers, inquiets pour leurs familles. « Ils ont paniqué en apprenant que Donggala a été durement frappée par le tremblement de terre, selon la responsable du ministère. Les responsables de la prison ont négocié avec les prisonniers pour leur permettre d’aller prendre des nouvelles de leurs familles. Mais certains détenus n’ont visiblement pas été assez patients et ont mis le feu ».

La plupart d’entre eux étaient incarcérés pour corruption ou des délits liés à la drogue. Cinq personnes détenues pour des crimes à caractère terroriste avaient été transférées hors de cette prison quelques jours auparavant. Le dernier bilan de ce séisme, suivi d’un tsunami, est d’au moins 832 morts. Les autorités redoutent qu’il soit encore plus lourd, certaines zones n’ayant pas encore été atteintes par les secours.