A Han Wang, « on manque d'aide »

Envoyée spéciale à Han Wang, Caroline Dijkhuis - ©2008 20 minutes

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Ils marchent au pas, main dans la main, derrière une pelleteuse jaune. On dirait presque une procession funèbre. L'homme et la femme sont silencieux : ils cherchent un de leur père et beau-père et leur petit garçon. La ville de Han Wang a été cruellement touchée. Située à 70 km à l'est de l'épicentre, elle comptait 70 000 habitants avant le séisme de lundi. Arrivé dans le quartier de Lao Miaoshui, le couple se dirige vers un voisin, qui, pelle à la main, recherche sa mère sous un énorme tas de gravats. « C'était un club de loisirs pour personnes âgées, ils jouaient tous au mah-jong lorsque le tremblement de terre a commencé », raconte-t-il. Wang Chen observe la scène. Cet homme de 42 ans, regard sombre et visage en sang, attend son fils depuis trois jours contre un poteau encore debout. « Il travaillait à l'hôtel voisin, et à cette heure-là, il était dans sa chambre. Je suis sûr qu'il est enseveli ici, avance-t-il avant de se mettre en colère. Mais en trois jours, les secouristes n'ont pas avancé. Plusieurs centaines de personnes sont enterrées sous les gravats, ils n'en ont dégagé que six. On manque d'aide ! »

Plusieurs milliers de personnes ont été ensevelies dans toute la ville, au pied des montagnes. « Là-bas, à l'école, on entendait encore hier des voix d'enfants sortir des gravats, des pleurs et des appels au secours, affirme un jeune secouriste volontaire, Davy. Maintenant, ça fait presque 72 heures depuis le séisme. On n'entend plus rien. » Quelques personnes ont été dégagées vivantes par les premiers secours arrivés mardi, mais aujourd'hui, plus personne n'a vraiment d'espoir dans le centre-ville de Han Wang.

« Nous, nous attendons nos maris, explique à trois kilomètres de là une femme assise à califourchon sur une mobylette. A cet endroit, la route qui part de Han Wang dans la montagne a été totalement détruite par le séisme et les éboulements qui ont suivi. Ils travaillent là-haut, jusqu'à maintenant on n'a pas réussi à les joindre, mais depuis ce matin, les habitants parviennent à redescendre, et l'aide à monter. » « Il ne faut pas perdre espoir », ajoute l'une de ses amies.