Brexit: L’Union proche d’un accord avec les Britanniques, mais…

ULSTER C’est la question de la frontière entre l’Irlande du Nord (intégrée au Royaume-Uni) et la République d’Irlande (indépendante, membre à l’Union européenne) fait toujours débat, et pas qu’un peu…

20 Minutes avec AFP
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Theresa May et Donald Tusk, jouant la détente.
Theresa May et Donald Tusk, jouant la détente. — Kirsty Wigglesworth/AP/SIPA

Les dirigeants européens vont lancer jeudi en Autriche la dernière ligne droite des négociations du Brexit, après s’être renvoyé la responsabilité avec Londres des ultimes efforts à consentir pour « réussir » leur divorce. Les 27 sont réunis pour déjeuner à Salzbourg, sans la Première ministre britannique Theresa May, à six mois de la date prévue dpour le retrait du Royaume-Uni de l’UE. Cette dernière a pu leur exposer brièvement sa position mercredi soir à la fin d’un dîner de travail, principalement consacré au sujet brûlant des migrations.

« Si nous voulons parvenir à une conclusion réussie, alors, tout comme le Royaume-Uni a fait évoluer sa position, l’UE devra aussi faire évoluer sa position », a lancé la dirigeante conservatrice, réaffirmant avec force qu’il n’y aurait pas de second référendum au Royaume-Uni sur le Brexit. Peu avant, le président du Conseil européen, Donald Tusk avait, quant à lui, appelé Londres à faire des efforts. Sur « la question irlandaise ou le cadre de la coopération économique future, les propositions du Royaume-Uni devront être retravaillées », a-t-il prôné.

Pas de frontière physique en Irlande

Londres et Bruxelles ont en réalité trouvé des compromis sur la plupart des contentieux nés de la rupture programmée, notamment la facture à régler. Mais ils continuent de buter sur certains points, principalement le sort de la frontière irlandaise. Les deux parties sont d’accord pour éviter le rétablissement d’une frontière physique entre la province britannique d’Irlande du Nord et la République d’Irlande, mais Londres conteste les termes du « filet de sécurité » (« backstop ») réclamé par l’UE pour garantir ce résultat.

La solution préconisée par les 27 -qui prévoit le maintien de l’Irlande du Nord dans l’union douanière s’il n’y a pas d’autre solution satisfaisante- est jugée « inacceptable » en l’état par Londres, car elle créerait à ses yeux une frontière de fait entre l’Irlande du Nord et le reste du Royaume-Uni. Theresa May continue, elle, de défendre son plan dit « de Chequers » : le maintien d’une relation commerciale étroite avec l’UE après le Brexit, avec une zone de libre-échange pour les biens, qui réglerait selon elle le contentieux de la frontière irlandaise.

Un nouveau sommet mi-novembre

Si les négociations échouent, « ce serait difficile pour l’Europe, mais ce serait terrible pour le Royaume-Uni », a prévenu le chancelier autrichien Sebastian Kurz. Donald Tusk a déjà annoncé qu’il proposerait jeudi un sommet européen supplémentaire à « la mi-novembre », en plus de celui du 18 octobre initialement censé boucler les tractations. « On est tellement proche d’un accord qu’un accident est possible », a commenté un diplomate européen.