VIDEO. Suède: Un Français jugé pour viols sur fond de scandale Nobel

JUSTICE Jean-Claude Arnault doit comparaître les 19, 20 et 24 septembre devant le tribunal de Stockholm pour deux viols présumés sur une même plaignante...

20 Minutes avec AFP
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Jean-Claude Arnault est jugé à Stockholm pour deux viols
Jean-Claude Arnault est jugé à Stockholm pour deux viols — JONATHAN NACKSTRAND / AFP

Il n’est pas jugé pour son rôle dans le scandale qui a ébranlé le Nobel de littérature 2018, mais pour des viols révélés en pleine tempête #MeToo. Un Français comparaît devant la justice suédoise à partir de ce mercredi.

 

Accompagné de son avocat, Jean-Claude Arnault est arrivé au tribunal peu après 08h00. Il n’a fait aucune déclaration. « Il conteste les accusations », a d’emblée annoncé devant les juges son conseil, Björn Hurtig.

Marié à une membre de l’auguste Académie suédoise, qui décerne depuis 1901 le prix Nobel de littérature, Jean-Claude Arnault, 72 ans, fut une personnalité influente de la scène culturelle à Stockholm jusqu’à la déflagration provoquée par l’affaire Weinstein.

« Intimité non désirée » et comportements « inappropriés »

Un mois après les révélations en octobre 2017 des viols et abus sexuels commis par le producteur de cinéma américain Harvey Weinstein, le quotidien Dagens Nyheter publiait le témoignage anonyme de 18 femmes affirmant avoir été violentées ou harcelées par Jean-Claude Arnault.

Une enquête interne a établi que plusieurs académiciennes, conjointes ou filles d’académiciens, avaient elles aussi subi « l’intimité non désirée » et les comportements « inappropriés » de l’accusé.

Jean-Claude Arnault doit comparaître les 19, 20 et 24 septembre devant le tribunal de Stockholm pour deux viols présumés sur une même plaignante, dont l’identité n’a pas été dévoilée. Il encourt six ans de prison. Absente au début de l’audience, la victime est représentée par Elisabeth Massi Fritz, ténor du barreau suédois spécialisée dans la défense des femmes.

Comme souvent dans les affaires d’agressions sexuelles, le tribunal a ordonné le huis clos à la demande de la partie civile et les journalistes ont été priés de quitter la salle d’audience.

« Je lui ai dit : ne me touche pas, et je l’ai giflé, avant de fuir »

Le 5 octobre 2011 dans un appartement stockholmois, Jean-Claude Arnault « a contraint (la plaignante) à un rapport oral », équivalent en droit suédois à une pénétration justifiant la qualification de viol, selon l’acte de mise en accusation consulté par l’AFP.

Il aurait ensuite procédé à une pénétration vaginale alors que la victime présumée se trouvait dans un « état de vulnérabilité » et « de peur intense » l’empêchant de se défendre.

Les faits se seraient répétés dans la nuit du 2 au 3 décembre 2011, dans le même appartement, tandis que la victime dormait.

Une partie de l’enquête préliminaire ouverte contre lui pour d’autres viols et agressions sexuelles présumés commis entre 2013 et avril 2015 a été classée sans suite, frappée par la prescription ou faute de preuves.

L’écrivaine Elise Karlsson, l’une des femmes ayant témoigné dans DN, travaillait sous statut précaire en 2008, à l’époque des faits qu’elle reproche au Français.

« Tout à coup, j’ai senti ses mains sur mes fesses. À aucun moment je ne m’étais montrée intéressée. J’étais sous le choc », a-t-elle raconté l’an dernier à l’AFP. « Je lui ai dit : ne me touche pas, et je l’ai giflé, avant de fuir. Il est venu vers moi et m’a dit que je ne trouverais plus de travail ».

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