VIDEO. Venezuela: Ils risquent jusqu'à 20 ans de prison pour avoir baptisé un âne «Maduro»

PARODIE Deux pompiers sont accusés d'« incitation à la haine » pour s’être moqué du chef de l’Etat, incarné par un âne baptisé « Maduro », dans une vidéo diffusée sur Internet…

20 Minutes avec AFP

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Nicolas Maduro, le président vénézuélien
Nicolas Maduro, le président vénézuélien — HO / VENEZUELAN PRESIDENCY / AFP

Une plaisanterie qui pourrait leur coûter cher… Un tribunal a ordonné une « mesure de privation de liberté » (détention provisoire) à l’encontre de Ricardo Prieto et Carlos Varon, arrêtés mercredi dans la ville de Merida, pour « incitation à la haine » aggravée, a déclaré ce lundi Fernando Cermeño, représentant de l’ONG Foro Penal dans cette région.

L’arrestation de ces deux pompiers, de 41 et 45 ans, est intervenue après la diffusion sur les réseaux sociaux d’une vidéo parodiant une visite officielle du chef de l’Etat vénézuélien Nicolas Maduro, représenté par un âne, dans leur caserne.

Sur ces images, on peut voir l’animal tiré par une corde circuler dans le bâtiment, tandis que celui qui filme commente. « Nous recevons la visite du président Maduro » ou encore « Président Maduro, par ici s’il vous plaît ! », dit-il notamment.

Près de 240 « prisonniers politiques »

Selon l’ONG de défense des droits de l’homme, l’accusation se base sur la loi contre la haine, adoptée fin 2017 par l’Assemblée constituante et dénoncée à l’époque par l’opposition comme un instrument pour « criminaliser la dissidence ».

Le texte, voté par cette instance créée par le pouvoir chaviste pour neutraliser le Parlement et composée uniquement de partisans du pouvoir, prévoit des peines allant jusqu’à 20 ans de prison, l’interdiction de partis politiques et la fermeture de médias en infraction. Pour l’heure, les autorités n’ont pas commenté le cas des pompiers, qui ont été inculpés ce week-end.

« Une peine de prison pour punir la liberté d’expression est disproportionnée et inutile, contraire aux traités internationaux des droits de l’homme », a réagi de son côté l’ONG Espace public. Selon Foro Penal, il y a près de 240 « prisonniers politiques » au Venezuela.

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