VIDEO. Etats-Unis: Le juge nommé par Trump à la Cour suprême et son accusatrice seront auditionnés

#METOO Brett Kavanaugh nie fermement mais l'affaire pourrait retarder –ou même faire dérailler– sa confirmation...

Philippe Berry

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Le candidat de Donald Trump à la Cour suprême, Brett Kavanaugh, le 4 septembre 2018.
Le candidat de Donald Trump à la Cour suprême, Brett Kavanaugh, le 4 septembre 2018. — Alex Edelman/NEWSCOM/SIPA

Sa confirmation semblait presque assurée. Mais alors qu’une femme affirme qu’il l’a agressée sexuellement dans les années 1980, la nomination du candidat de Donald Trump à la Cour suprême traverse une passe à haut risque: Brett Kavanaugh, qui nie farouchement les faits, et son accusatrice seront entendus le 24 septembre par la commission judiciaire du Sénat, qui devait initialement voter jeudi sur la candidature du magistrat.

Il est important que «tout le monde» soit entendu et que le processus soit «parfait», avait déclaré un peu plus tôt Donald Trump, alors que la pression montait sur son candidat. Même s'il y a un «petit retard», «je suis certain que cela va bien se passer», avait ajouté le milliardaire républicain dans une intervention plutôt mesurée.

Les démocrates ont appelé à repousser l’échéance du vote, le temps que le FBI puisse enquêter. L’opposition espère pouvoir jouer la montre jusqu’aux législatives du 6 novembre : en cas de victoire au Sénat, ils seraient en mesure de bloquer la nomination de n’importe quel candidat de Donald Trump, comme les républicains l’avaient fait en 2016 sous Obama, ce que les démocrates n’ont pas digéré.

« Mon devoir civique »

Dimanche, dans les pages du Washington Post, Christine Blasey Ford, une universitaire de 51 ans, a accusé le juge Kavanaugh de l’avoir agressée sexuellement lors d’une soirée arrosée remontant à leurs années de lycée dans la banlieue de Washington. Ce dernier et un ami, « complètement ivres », selon elle, l’auraient coincée dans une chambre et le jeune Kavanaugh l’aurait maintenue de force sur un lit, avant de se livrer à des attouchements et d’essayer de la déshabiller. Elle dit avoir pu se dégager de son étreinte et quitter la pièce.

Après 36 ans de silence, la professeure de psychologie, a décidé de parler. « J’estime désormais que mon devoir civique pèse plus lourd que mon angoisse et ma terreur face à des représailles », a dit cette électrice démocrate au quotidien. Elle est même prête à livrer son témoignage à la commission sénatoriale chargée d’examiner la candidature du juge Kavanaugh, a ajouté lundi son avocate Debra Katz. Dénonçant des accusations « complètement fausses », le juge Kavanaugh s’est également mis à disposition du Sénat pour défendre son « intégrité ».

« Ni insultée, ni ignorée »

Fait remarquable, Donald Trump, toujours prompt à réagir sur Twitter lorsqu’il est confronté à un obstacle, est jusqu’ici resté complètement silencieux sur ce dossier. C’est sa conseillère Kellyanne Conway qui est montée en première ligne lundi, en assurant que Christine Blasey Ford ne devait être ni « insultée ni ignorée » et qu’elle méritait d’être entendue par le Sénat, tout comme le juge Kavanaugh.

Mais les dix sénateurs démocrates de la commission judiciaire ne l’entendent pas de cette oreille. Ils ont demandé dans un courrier au président de leur commission que leurs travaux soient suspendus le temps que le FBI mène une enquête « complète » et « professionnelle ».