La justice belge refuse d’extrader un rappeur poursuivi en Espagne au nom de la liberté d’expression

MUSIQUE La justice espagnole considère que le rappeur Valtonyc fait l’apologie du terrorisme dans ses paroles…

20 Minutes avec AFP

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Le rappeur espagnol Valtonyc est
Le rappeur espagnol Valtonyc est — Francisco Seco/AP/SIPA

La justice belge a rejeté lundi la demande de remise à l’Espagne du rappeur Valtonyc, condamné dans son pays pour « apologie du terrorisme » dans ses chansons et actuellement exilé en Belgique, ont annoncé ses avocats. « L’exécution du mandat d’arrêt européen a été rejetée par la chambre du conseil », du tribunal de Gand (Nord), a confirmé un peu plus tard le parquet de la cité flamande dans un communiqué, soulignant qu’il faisait appel de la décision.

« Le juge a décidé qu’il n’y aurait pas d’extradition et a rejeté les trois chefs d’accusation », a affirmé Me Simon Bekaert, l’un des avocats du rappeur majorquin, à l’issue de l’audience. Les conseils ont expliqué que les incriminations retenues par la justice espagnole n’avaient pas d’équivalent dans le droit belge. Dans les paroles de ses chansons, le rappeur de 24 ans évoque le meurtre de membres du gouvernement, de la famille royale et de partis de droite.

« En fuite » depuis le 24 mai

« Je suis content, mais aussi triste pour les gens en Espagne qui n’ont pas la chance d’obtenir justice comme moi ici », a réagi le rappeur devant la presse. Une allusion aux condamnations qui ont frappé d’autres artistes et des internautes pour des messages considérés comme faisant l’apologie du terrorisme, en vertu d’une législation espagnole critiquée par Amnesty International.

De son vrai nom José Miguel Arenas Beltran, Valtonyc est visé depuis le 24 mai par un mandat d’arrêt international émis par la justice espagnole. Il a été constaté ce jour-là qu’il était « en fuite » à cause d’une condamnation à trois ans et demi de prison pour « apologie du terrorisme », « injures à la Couronne » et « menaces », une peine confirmée en février par la Cour suprême.

Liberté d’expression

« Qu’ils aient peur comme un garde civil au Pays Basque » ou « le roi a un rendez-vous sur la place du village une corde autour du cou », rappe Valtonyc en catalan dans des textes de 2012 et 2013, qui lui ont valu sa condamnation. La justice avait considéré que ces paroles faisaient entre autres l’apologie « incontestable » des indépendantistes basques de l’ETA, organisation armée ayant ensanglanté l’Espagne jusqu’en 2011 et classée comme terroriste par l’UE.

Le rappeur s’est exilé en Belgique et réside dans les environs de Gand. Parlant de chansons cherchant « à choquer la conscience des gens », Valtonyc s’est toujours défendu d’avoir incité à s’en prendre physiquement à qui que ce soit. Pour son avocat Me Gonzalo Boye, ce qu’a dit le juge belge lundi « est très clair : c’est la liberté d’expression ».

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