L'ex-chef de campagne de Trump plaide coupable et va coopérer dans l'enquête russe

ETATS-UNIS Paul Manafort devrait ainsi bénéficier d'une peine de prison réduite et pourrait impliquer d'autres personnes...

P.B.

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L'ancien directeur de campagne de Donald Trump, Paul Manafort, à sa sortie d'un tribunal de Washington, le 28 février 2018.
L'ancien directeur de campagne de Donald Trump, Paul Manafort, à sa sortie d'un tribunal de Washington, le 28 février 2018. — Drew Angerer / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP

Il a fini par craquer. Alors qu’il semblait prêt à aller jusqu’au bout, l’ancien directeur de campagne de Donald Trump, Paul Manafort, a accepté de plaider coupable de deux chefs d’inculpation (fraude fiscale et obstruction à la justice), évitant ainsi un second procès et s’assurant de purger au maximum une peine de 10 ans de prison. Surtout, le bureau du procureur Robert Mueller a indiqué que le deal comprenait « un accord de coopération » avec la justice dans l’enquête.

Selon la radio publique NPR, la coopération couvre « n’importe quel dossier jugé pertinent par le gouvernement » et Paul Manafort s’engage à « témoigner devant un grand jury » si besoin. Cela semble donc inclure l'enquête sur la Russie, et signifie que Manafort pourrait être cité comme témoin.

Selon l’acte d’accusation, Paul Manafort a été payé 60 millions de dollars pour son activité de lobbying en Ukraine pour le compte de Moscou. Sur cette somme, il a blanchi 30 millions de dollars, évitant ainsi de payer 15 millions d’impôts à l’IRS (le fisc américain). En plaidant coupable, il accepte de restituer quatre propriétés – dont son appartement de la Trump Tower – et plusieurs comptes bancaires, pour une valeur totale de 46 millions de dollars.

Meeting crucial à la Trump Tower

A ce stade, on ne sait pas de quelles informations Paul Manafort dispose, ni contre qui il pourrait être amené à témoigner – pas forcément contre Donald Trump. Mais l’ancien directeur de campagne était notamment présent au fameux meeting de la Trump Tower avec une avocate russe qui avait promis des «informations compromettantes» sur Hillary Clinton. Manafort était aux côtés du fils du président, Donald Jr, et de son gendre, Jared Kushner.

L’avocat du président américain, Rudy Giuliani, assure que « cet accord n’a rien à avoir avec le président Trump ou sa campagne. La raison : le président n’a rien fait de mal et Paul Manafort dira la vérité ». On attend le tweet du président américain, qui avait salué il y a peu le « courage » de Manafort.