Porto Rico: 18 morts ou 3.000? Trump conteste le bilan officiel de l'ouragan Maria

ETATS-UNIS Le président américain accuse les démocrates d’avoir gonflé les chiffres pour exploiter politiquement la tragédie...

P.B. avec AFP

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Donald Trump inspecte les dégâts de l'ouragan Maria à Porto Rico, le 3 octobre 2017.
Donald Trump inspecte les dégâts de l'ouragan Maria à Porto Rico, le 3 octobre 2017. — Evan Vucci/AP/SIPA

Après la polémique sur le nombre de participants à son investiture, voici celle sur le bilan de l’ouragan Maria, qui avait dévasté Porto Rico l’an dernier. Alors que l’ouragan Florence arrive sur les côtes américaines, Donald Trump assure que les Etats-Unis sont « mieux préparés que jamais », donnant en exemple « le succès sous-estimé » de la gestion de l’ouragan Maria. Le président américain a contesté le bilan officiel de près de 3.000 victimes, jeudi, accusant – sans aucune preuve – les démocrates d’avoir gonflé les chiffres.

« 3.000 personnes ne sont pas mortes dans les deux ouragans ayant frappé Porto Rico. Quand j’ai quitté l’île, APRES le passage de la tempête, le bilan était compris entre 6 et 18 morts. Il n’a pas beaucoup progressé par la suite, et d’un seul coup, ils ont donné des chiffres énormes, comme 3.000. C’est l’œuvre des démocrates, pour me donner le mauvais rôle ! », a tweeté Donald Trump jeudi matin.

Deux études indépendantes menées

Sa sortie a provoqué une véritable gêne dans son propre camp. « Il n’y a aucune raison de remettre en cause ces chiffres », a lâché, mal à l’aise, Paul Ryan, président républicain de la Chambre des représentants. Le gouverneur républicain de Floride, Rick Scott, a également fait part de son « désaccord » avec l’opinion de Donald Trump.

Fin août, le gouverneur démocrate de l’île, Ricardo Rossello, a donné l’instruction d’actualiser le bilan officiel à 2.975 morts après la réception d’un rapport réalisé par des chercheurs de l’université George Washington, commandité face à la controverse sur le nombre de victimes. Une autre étude indépendante, réalisée par des chercheurs de Harvard et publiée en mai, avait conclu à environ 4.600 morts en trois mois.

Mesure de la hausse de la mortalité

Le bilan d’une catastrophe naturelle est extrêmement difficile à établir. Ces études ne comptabilisent pas seulement les morts directes – par exemple les personnes noyées ou tuées par la chute d’un arbre – mais également les décès indirects, comme les malades chroniques décédés faute d’avoir eu accès à leurs médicaments.

Les études mesurent donc l’écart de mortalité sur une période entre plusieurs années, en tenant compte de facteurs saisonniers (migrations, épidémies) afin de déterminer l’impact de la catastrophe naturelle. Les chercheurs avaient estimé que la mortalité avait augmenté sur l’île de 22 % de septembre 2017 à février 2018, par rapport à la même période de l’année précédente, chiffrant ainsi le bilan à 2.975 victimes. Et les démocrates n’ont rien à voir dans cette affaire.