Australie: Une écolière refuse de se lever pendant l’hymne pour dénoncer le «racisme institutionnel»

COURAGE « Quand on dit "nous sommes jeunes", on méprise complètement les Australiens indigènes qui étaient là avant nous », a déclaré la fillette...

20 Minutes avec agences

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Illustration du drapeau australien
Illustration du drapeau australien — Rafael Ben-Ari/Cham/NEWSCOM/SIPA

« Elle a témoigné d’un courage incroyable en défendant ce en quoi elle croit. » Mark Nielsen est un papa fier de sa fille. La semaine dernière, la petite Harper, âgée de 9 ans, a refusé de se lever pour l’hymne national australien afin de protester contre ce qu’elle juge être du racisme institutionnel.

Elle accuse le chant Advance Australia Fair d’ignorer l’histoire indigène de l'Australie. Son geste a suscité de vifs débats dans le pays, d’autant plus que la fillette s’est vue infliger une colle pour s’être abstenue de se mettre debout.

« On méprise complètement les Australiens indigènes »

« A l’origine, quand l’hymne a été écrit, cela voulait dire faire avancer les blancs d’Australie », a-t-elle expliqué à la chaîne publique ABC. L’hymne commence par ces vers : « Australiens, réjouissons-nous, car nous sommes jeunes et libres. » Mais selon elle, « quand on dit "nous sommes jeunes", on méprise complètement les Australiens indigènes qui étaient là avant nous ».

Les premiers colons britanniques sont arrivés en 1788 en Australie, où vivaient les aborigènes depuis des dizaines de milliers d’années. Ces derniers ne représentent plus que 3 % de la population et sont de loin les plus défavorisés, avec en particulier des taux de pauvreté et d'incarcération plus élevés. Ils sont également en moins bonne santé que la population générale.

L’école lui propose des alternatives pour protester

La fillette a dit qu’elle avait pris sa décision seule mais qu’elle s’en était ouverte à ses parents. Elle voulait « sensibiliser les gens pour qu’ils réfléchissent au racisme institutionnel », déclaré son père sur ABC.

Le directeur de l’école a rencontré Harper et ses parents pour trouver d’autres moyens de protester, a expliqué le ministère de l’Education de l’Etat du Queensland. « L’école respecte la volonté de l’élève et a proposé d’autres alternatives, y compris la possibilité de rester devant le hall pendant l’hymne national et de ne pas chanter », selon un porte-parole.

Une « sale gosse » pour la conservatrice Pauline Hanson

La prise de position de l’élève fait écho aux joueurs de la Ligue américaine de football (NFL) qui mettent un genou à terre pendant l'hymne national pour protester contre les violences raciales aux Etats-Unis. Elle a en tout cas courroucé des conservateurs et tenants de la droite dure australiens.

L’ancien entraîneur des Wallabies devenu animateur radio Alan Jones a estimé que les parents devaient retirer leur fille de l’école si « la règle » ne « leur plaisait pas ». La sénatrice Pauline Hanson a qualifié Harper de « sale gosse » en la menaçant sur Facebook d’un « coup de pied au derrière ».