Attentats du 11-Septembre: Plus de 1.100 victimes n'ont toujours pas été identifiées, 17 ans après

MEMOIRE A Manhattan, une équipe de chercheurs analyse inlassablement les restes humains retrouvés sur le site, dans l'espoir d'en extraire de l'ADN...

20 Minutes avec AFP

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Les décombres des tours jumelles à New York en 2001.
Les décombres des tours jumelles à New York en 2001. — ALEXANDRE FUCHS / AFP

Dix-sept ans après, plus de 1.100 victimes des attentats du World Trade Center n’ont toujours pas été identifiées. Mais dans un laboratoire de Manhattan, une équipe poursuit inlassablement le travail d’identification, aidée par le progrès technologique.

Chaque jour, sept jours sur sept, le protocole se répète des dizaines de fois. Au départ, un fragment d’os, retrouvé après le 11-Septembre sur le site du World Trade Center, auquel, en 17 ans, il n’a pas été possible d’associer un ADN. Découpé, réduit en poudre, ce reste humain est ensuite mélangé à deux produits chimiques capables d’exposer l’ADN puis de l’extraire. Voilà la théorie, mais dans la pratique, le succès de l’opération n’est pas garanti.

Des ADN testés 10 ou 15 fois

« L’os est l’élément biologique le plus difficile à travailler » pour remonter à l’ADN, explique Mark Desire, assistant du directeur de l’expertise médico-légale à l’Institut médico-légal de New York (OCME). A cette complexité naturelle s’ajoutent les conditions auxquelles a été exposé ce fragment le 11 septembre 2001 et les jours suivants. Le feu, la moisissure, les bactéries, la lumière du soleil, le carburant des avions qui se sont écrasés sur les tours, « tout ça détruit l’ADN » selon Mark Desire.

Les quelque 22.000 restes humains trouvés sur le site depuis les attaques ont tous déjà été testés, certains 10 ou 15 fois. Mais un gros millier se refuse encore à parler. A ce jour, 1.642 sur les 2.753 personnes mortes à New York ont été formellement identifiées, et 1.111 restent disparues. Le laboratoire est parfois resté plusieurs années sans pouvoir ajouter de nom à la liste. Mais il n’est pas question de renoncer.

Une nouvelle identification

« Notre engagement est le même aujourd’hui qu’en 2001 », assure Mark Desire. Il refuse de chiffrer l’investissement que représente le programme, mais il s’agit du laboratoire le mieux pourvu et le plus avancé d’Amérique du Nord. En juillet dernier, près d’un an après la dernière identification, le laboratoire a ajouté un nom à la liste, celui de Scott Michael Johnson, un analyste financier de 26 ans qui travaillait au 89ème étage de la tour sud.

Mark Desire est le seul membre de l’équipe de départ encore en fonction. « Cela a défini ma carrière », dit-il aujourd’hui. Aucun signe de lassitude chez lui, et l’œil s’allume même lorsqu’il évoque les nouveautés technologiques qu’il a déjà repérées, impatient de pouvoir les tester sur les restes. En 2001, le responsable de l’institut médico-légal, Charles Hirsch, avait compris que le temps serait un allié dans cette quête d’identification, et ordonné la conservation de tous les restes.

En 2001, ceux qui sont aujourd’hui les spécialistes du laboratoire de Marc Desire « étaient probablement à l’école primaire », dit-il dans un sourire. « Mais ils savent à quel point c’est important. »

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