Menaces sans précédent des Etats-Unis contre la Cour pénale internationale

DIPLOMATIE Le conseiller de Donald Trump, John Bolton, s'est livré à une attaque sans précédent contre l'organisation, à laquelle n'appartiennent pas les Etats-Unis...

20 Minutes avec AFP

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le conseiller à la sécurité nationale de la Maison Blanche, John Bolton, le 10 septembre 2018 à Washington.
le conseiller à la sécurité nationale de la Maison Blanche, John Bolton, le 10 septembre 2018 à Washington. — ANDREW CABALLERO-REYNOLDS / AFP

Les critiques de Washington contre des organisations internationales continuent. Les Etats-Unis ont mené lundi une attaque sans précédent contre la Cour pénale internationale (CPI) et menacé ses juges et procureurs de sanctions s’ils s’en prennent à des Américains, à Israël ou à d’autres alliés de Washington.

Le conseiller à la sécurité nationale de la Maison Blanche, John Bolton, a accusé la juridiction internationale chargée de juger notamment les crimes de guerre et contre l’humanité, dont Washington n’est pas membre, d’être « inefficace, illégitime, irresponsable et carrément dangereuse ».

« La CPI est déjà morte »

Devant la Federalist Society, une organisation conservatrice de Washington, il a dénoncé la possibilité d’une enquête contre des militaires américains ayant servi en Afghanistan. « Si la Cour s’en prend à nous, à Israël ou à d’autres alliés des Américains, nous n’allons pas rester silencieux », a prévenu John Bolton, annonçant une série de mesures de rétorsion possibles, dont les sanctions contre le personnel de la CPI.

« Nous allons interdire à ces juges et procureurs l’entrée aux Etats-Unis. Nous allons prendre des sanctions contre leurs avoirs dans le système financier américain, et nous allons engager des poursuites contre eux dans notre système judiciaire », a mis en garde le conseiller du président Donald Trump. « Nous n’allons pas coopérer avec la CPI, nous n’allons pas lui fournir d’assistance, nous n’allons pas adhérer à la CPI. Nous allons laisser la CPI mourir de sa belle mort » car « pour nous, la CPI est déjà morte », a-t-il insisté.

La Cour défend son impartialité

La Cour pénale internationale est régie par le Statut de Rome, un traité entré en vigueur le 1er juillet 2002 et ratifié depuis par 123 pays. Son procureur peut déclencher ses propres enquêtes sans permission des juges à la condition qu’elles impliquent au moins un pays membre – c’est le cas de l’Afghanistan.

Les relations entre Washington et la juridiction qui siège à La Haye, aux Pays-Bas, ont toujours été tumultueuses. Les Etats-Unis ont toujours refusé d’y adhérer et ont tout fait, notamment par des accords bilatéraux avec de nombreux pays, pour éviter que des Américains puissent être visés par ses enquêtes. Mais John Bolton a déploré que certains pays, notamment membres de l’Union européenne, aient jusqu’ici refusé de tels accords.

Cette attaque en règle s’inscrit dans le programme « America first », « l’Amérique d’abord », de Donald Trump, qui a déjà claqué la porte du Conseil des droits de l’homme des Nations unies.