Suède: Le Premier ministre tend la main à l'opposition face à l'extrême droite

SUEDE Aucune majorité ne s'est dégagée aux élections législatives, dont le résultat est suspendu au vote des 200.000 Suédois de l'étranger...

M.C. avec AFP

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Le Premier ministre suédois Stefan Löfven à Stockholm, le 9 septembre 2018.
Le Premier ministre suédois Stefan Löfven à Stockholm, le 9 septembre 2018. — Jonas Ekstromer/AP/SIPA

L’extrême droite suédoise, sans atteindre ses ambitions, s’est imposée en juge de paix entre les deux blocs dominants à l’issue des législatives de dimanche, contraignant le Premier ministre social-démocrate à tendre la main à l’opposition de centre-droit pour la neutraliser.

Le résultat définitif de ces élections est suspendu aux 200.000 Suédois de l’étranger, dont le vote ne sera dépouillé que mercredi. Le bloc « rouge-vert » sortant est pour l’instant crédité d’un petit siège de plus que l’opposition du centre et de droite. Aucun camp n’est proche d’obtenir plus de 50 % des 349 mandats en jeu au Riksdag, le parlement suédois, annonçant de longues tractations dans les semaines à venir.

« Une chose est sûre, personne n’a obtenu de majorité. Il est donc naturel de lancer une collaboration entre les blocs », a déclaré devant ses partisans le Premier ministre sortant Stefan Löfven. Cette élection a signé « l’enterrement de la politique de blocs », a-t-il ajouté, rappelant les partis de la coalition de centre-droit à leur « responsabilité morale ». Stefan Löfven est déterminé à rester à la tête du gouvernement et à faire barrage à la formation anti-immigration qui se voit faiseur de rois.

Paysage politique fragmenté

Le chef du gouvernement est traditionnellement le dirigeant du parti ayant obtenu le plus grand nombre de voix. Mais le nouveau paysage politique fragmenté de la Suède rend toute conjecture particulièrement hasardeuse.

Le Parti social-démocrate perd près de trois points par rapport aux législatives de 2014, tombant à 28,4 % des suffrages, selon des résultats portant sur 99,8 % des circonscriptions. Critiqué tous azimuts sur son bilan migratoire et social, le chef de gouvernement apparaît personnellement fragilisé par quatre années d’un mandat tumultueux qui a vu l’arrivée en 2015 de 160.000 demandeurs d’asile, un record en Europe rapporté au nombre d’habitants.

Le scrutin est également décevant pour les conservateurs d’Ulf Kristersson. Ils perdent 3,5 points en quatre ans, atteignant 19,8 % des voix.

De son côté l’extrême droite, alors qu’elle espérait renverser la table, est loin de réaliser la percée annoncée par son président, Jimmie Åkesson, qui disait encore dimanche miser sur entre « 20 et 30 % » des voix. Les Démocrates de Suède (SD), formation anti-immigration, nationaliste et europhobe obtiendrait 17,6 % des votes, après 12,9 % en 2014, échouant à devenir le deuxième plus grand parti de Suède.