Barcelone: Des logements «capsules» de 2,4 mètres carrés indignent en Espagne

POLEMIQUE Le promoteur présente le projet comme une solution d’urgence pour les travailleurs en contrat temporaire qui n’ont pas les moyens de payer un loyer...

20 Minutes avec agences

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La cathédrale de Barcelone. (Illustration)
La cathédrale de Barcelone. (Illustration) — Josep Lago AFP

Dormir dans des « capsules » de seulement 2,4 mètres carrés est-il l’avenir de l’immobilier ? C’est en tout cas ce que propose une entreprise de Barcelone pour 200 euros par mois avec son projet Haibu (« ruche » en japonais).

Il s’agit d’une maison de plus de 100 m², avec cuisine, espaces communs et Internet, à partager entre 14 personnes. Ceux-ci disposeraient d’habitacles privés de 1,29 m de large, 1,20 m de haut et 2 m de long, avec un lit, une table et deux étagères. Ces « ruches » seraient réservées à des personnes âgées de 25 à 45 ans avec des salaires supérieurs à 450 euros.

La solution « avant la vie dans la rue »

L’entreprise a déjà commencé à construire la première des huit maisons qu’elle a l’intention de bâtir et assure qu’elle sera prête à la fin du mois. Les promoteurs du projet le présentent comme une solution d’urgence pour les travailleurs en contrat temporaire qui n’ont pas les moyens de payer un loyer.

« Nous sommes partis de l’idée qu’un groupe de personnes qui ne peuvent pas accéder au logement​, peuvent se regrouper et aller de l’avant », a expliqué à l’AFP Victoria Cerdan, une des promotrices de Haibu. « Évidemment, ce n’est pas un logement digne, personne ne le voudrait pour soi », a-t-elle reconnu. « Mais personne ne veut un salaire de 500 euros et malheureusement, il y en a. Avant la vie dans la rue ou dans une entrée de distributeur automatique, nous, nous offrons ça », a-t-elle argumenté.

La polémique enfle

Le projet a en tout cas fait un tollé en Espagne. « Dans les cimetières aussi il y a des maisons comme ça : on appelle ça des cercueils », a ironiquement réagi sur Twitter Inigo Errejon, une des figures du parti de gauche radiale Podemos.

De son côté, la maire de Barcelone a clairement signifié qu’elle ne concéderait pas les licences nécessaires au lancement de cette activité. « Heureusement, il est interdit d’entasser les personnes. La législation ne permet pas ce type d’habitacle », a-t-elle critiqué ce jeudi.

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