Assistants parlementaires FN: Un membre du parti mis en examen pour «complicité de détournement de fonds publics»

UE Les juges enquêtent un possible « système » pour rémunérer des personnes travaillant pour le parti avec des fonds de l’Union européenne…

20 Minutes avec AFP

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Des membres du parlement européen à Strasbourg, le 13 juin 2018.
Des membres du parlement européen à Strasbourg, le 13 juin 2018. — FREDERICK FLORIN / AFP

Il a livré un témoignage embarrassant devant les juges. Charles Van Houtte, décrit comme un personnage-clé de l’organisation du Front national (devenu Rassemblement national) au Parlement européen, a été mis en examen ce mercredi pour « complicité de détournement de fonds publics ». C’est une première dans cette vaste enquête sur les assistants d’eurodéputés frontistes.

Charles Van Houtte avait affirmé avoir reçu des « instructions » de Marine Le Pen, et confirmé l’existence de contrats fictifs, ce que contestent les dirigeants frontistes. Ancienne cheville ouvrière de la gestion des contrats d’assistants, il est désormais en rupture avec le parti.

Un préjudice évalué à 6,8 millions d’euros

Les juges enquêtent sur un possible « système » pour rémunérer comme assistants d’eurodéputés, avec des fonds de l’Union européenne, des personnes qui travaillaient en réalité pour le parti. Jusqu’à début juillet, quatorze autres mises en examen avaient été déjà ordonnées par les magistrats financiers, Claire Thépaut et Renaud Van Ruymbeke. Une information judiciaire est ouverte pour « abus de confiance » et « escroquerie en bande organisée ».

La présidente du RN Marine Le Pen, son compagnon Louis Aliot et Nicolas Bay sont poursuivis pour « abus de confiance » ou « complicité d’abus de confiance », délits punissables d’une peine de 3 ans de prison et de 375 millions d’euros d’amende.

Charles Van Houtte est le premier protagoniste à être mis en examen pour « complicité de détournements de fonds publics », un délit plus grave, punissable d’un million d’euros d’amende et de dix ans de prison. L’enquête cible 17 députés et les contrats d’une quarantaine de collaborateurs pour un préjudice évalué par le Parlement européen à 6,8 millions d’euros entre 2009 et 2017, sur deux mandatures.

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