VIDEO. «Je fais partie de la résistance» à Trump, le témoignage choc d'un employé de la Maison Blanche

ETATS-UNIS Dans un édito anonyme publié par le «New York Times», ce haut responsable assure qu'il œuvre de l'intérieur pour protéger la république «des pires penchants» de Donald Trump...  

P.B. avec AFP

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Le président américain Donald Trump, le 28 février à la Maison Blanche.
Le président américain Donald Trump, le 28 février à la Maison Blanche. — Carolyn Kaster/AP/SIPA

Trahi par l’un des siens. Mercredi, le New York Times a publié une tribune anonyme au vitriol d’un haut responsable de l’administration Trump. Son auteur assure qu’il fait partie de la « résistance » et qu’il lutte de l’intérieur, avec d’autres, contre les « pires penchants » du locataire de la Maison Blanche. Alors que le tout Washington tente de démasquer l’auteur, Donald Trump a dénoncé l’acte « d’un lâche ». Et il a tweeté un mot, en majuscules : « TRAHISON ? », appelant ensuite la New York Times à « livrer [l’auteur] au gouvernement, au nom de la sécurité nationale ».

Cette tribune arrive 36 heures après la publication d’extraits d’un livre explosif du journaliste d’investigation Bob Woodward, qui dresse le portrait d’un président colérique et paranoïaque que ses collaborateurs s’efforcent de contrôler, parfois en cachant des textes qu’il doit signer, afin d’éviter de dangereux dérapages. Mais alors que la Maison Blanche s’est attaquée à une œuvre de « fiction », la tribune double la mise, cette fois à la première personne.

Donald Trump, qui s’exprimait devant des shérifs américains, s’est emporté contre cette « source anonyme », dénonçant la tribune « d’un lâche ». Dans une incroyable tournure des événements témoignant d’une forme de fébrilité, le magnat de l’immobilier a appelé le quotidien à dénoncer « immédiatement » ce « lâche », au nom de la sécurité nationale.

La porte-parole de la Maison Blanche, Sarah Sanders, a appelé son auteur à démissionner.

« Devoir envers notre pays »

Le haut responsable dénonce « l’amoralité » de Donald Trump, qui n’est guidé par « aucun principe » et prend des décisions « impulsives, malavisées et parfois dangereuses ».

« Nous pensons que nous avons d’abord un devoir envers notre pays, et que le président continue à agir d’une façon néfaste à la bonne santé de notre république », écrit-il. « C’est la raison pour laquelle nous nous sommes engagés à faire ce que nous pouvons pour préserver nos institutions démocratiques tout en contrecarrant les impulsions les plus malencontreuses de M. Trump jusqu’à ce qu’il ait quitté son poste », continue l’employé.

L’ombre du 25e amendement

Face au « comportement erratique » et à « l’instabilité » du président américain, certains membres de la résistance ont réfléchi « à la possibilité d’invoquer le 25e amendement » pour écarter Donald Trump en le déclarant inapte, mais « personne ne veut précipiter une crise constitutionnelle ». « Alors on fait ce qu’on peut pour tenir la barre, jusqu’à ce qu’on en finisse – d’une façon ou d’une autre », écrit l’auteur, dans une référence voilée à la prochaine élection ou à un possible combat pour une destitution si les démocrates reprennent le contrôle du Congrès.

Ces attaques ne devraient pas arranger le climat délétère qui règne à la Maison Blanche. Selon CNN, Donald Trump avait lancé, mardi, une vaste opération pour démasquer les sources du journaliste Bob Woodward. Après la tribune, on pourrait assister à une véritable chasse aux sorcières.