VIDEO. L'audition du candidat de Trump à la Cour suprême tourne au cirque

ETATS-UNIS Les manifestants et le clivage politique ont perturbé le premier jour du grand oral du juge conservateur Brett Kavanaugh...

Philippe Berry

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Des femmes ont manifesté lors de l'audition du candidat de Trump à la Cour suprême, le 4 septembre 2018.
Des femmes ont manifesté lors de l'audition du candidat de Trump à la Cour suprême, le 4 septembre 2018. — Alex Edelman/NEWSCOM/SIPA

Des manifestantes habillées en servantes de la série The Handmaid’s Tale, des questions couvertes par des cris, une poignée de mains refusée, et des démocrates qui n’ont toujours pas digéré de s’être fait piquer leur siège à la Cour suprême. Le premier jour de l’audition du candidat choisi par Donald Trump pour siéger – à vie – à la plus haute instance judiciaire des Etats-Unis a viré au grand n’importe quoi, mardi. Mais malgré le brouhaha, rien ne semble pouvoir empêcher la confirmation de Brett Kavanaugh, un juge conservateur de 53 ans. A moins que quelques sénateurs républicains modérés ne serrent pas les rangs.

Le candidat de Donald Trump à la Cour suprême, Brett Kavanaugh, le 4 septembre 2018.
Le candidat de Donald Trump à la Cour suprême, Brett Kavanaugh, le 4 septembre 2018. - Alex Edelman/NEWSCOM/SIPA

Les manifestants donnent de la voix

Brett Kavanaugh a été accueilli dans les couloirs du Congrès par une douzaine de manifestantes vêtues des coiffes blanches et des robes rouges des servantes de la série The Handmaid’s Tale.

Leur crainte, c’est que le juge soit la voix qui fasse pencher la balance pour revenir sur le droit à l’avortement. Au cours de cette première journée, de nombreux cris ont couvert les questions et les témoignages des élus, un chahut dénoncé par la majorité républicaine. « Davantage de femmes vont être forcées d’avorter clandestinement », a hurlé une manifestante rapidement escortée vers la sortie.

Donald Trump avait annoncé qu’il choisirait des candidats opposés à la décision Roe v Wade, qui avait légalisé l’avortement dans tout le pays en 1973. Si les élus devraient passer Kavanaugh au gril lors des prochains jours, il a juré mardi qu’il avait un « profond respect » pour les anciennes décisions de la Cour.

Une poignée de main refusée

C’est l’une des images fortes de cette journée : une main tendue, et un regard noir. Le père de Jamie Guttenberg, une lycéenne tuée dans la fusillade de Parkland, en Floride, a tenté de serrer la main de Brett Kavanaugh. Dans la confusion, on ne sait pas si le juge a entendu Fred Guttenberg, mais ce dernier a affirmé sur CNN que Kavanaugh l’avait volontairement ignoré et avait ensuite appelé la sécurité.

Des démocrates revanchards

Les démocrates n’ont pas digéré l’obstruction des républicains, qui avaient réussi à bloquer la confirmation du candidat choisi par Obama. L’opposition a demandé un report de l’audition, dénonçant l’arrivée tardive, lundi soir, de dizaines de milliers de documents censés alimenter les débats et liés au passage de Brett Kavanaugh à la Maison Blanche en tant que conseiller de George W. Bush. « Qu’ont-ils à cacher ? », a demandé le sénateur Patrick Leahy.

Les démocrates ont également critiqué la doctrine du juge, qui a défendu par le passé le principe d’une immunité forte pour un président américain. L’opposition accuse à demi-mot Donald Trump d’avoir choisi un candidat qui pourrait le protéger d’une éventuelle inculpation.

Compte tenu de la fine majorité républicaine, une poignée de sénateurs pourrait faire basculer le vote : deux républicaines défendant le droit à l’avortement et trois à cinq démocrates faisant face à une dure réélection dans des Etats pro-Trump. Verdict dans les prochaines semaines.