Etats-Unis: Impulsif, colérique, inculte... Un célèbre journaliste dresse le portrait accablant de Trump dans un livre

BONNES FEUILLES L’auteur de ce livre est le journaliste Bob Woodward, à l’origine des révélations du Watergate sous la présidence de Nixon…

20 Minutes avec AFP

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Donald Trump lors d'un défilé à Annapolis, le 25 mai 2018.
Donald Trump lors d'un défilé à Annapolis, le 25 mai 2018. — ALEX WONG / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP

Plus de 400 pages, des anecdotes et des confidences… Le livre du journaliste d’investigation Bob Woodward sur Donald Trump, intitulé Peur : Trump à la Maison-Blanche, dresse le portrait d’un président inculte, colérique et paranoïaque que ses collaborateurs s’efforcent de contrôler pour éviter les pires dérapages.

Si plusieurs ouvrages peu flatteurs pour le 45e président des Etats-Unis ont déjà été publiés, la réputation de Woodward, célèbre à travers le monde pour avoir révélé, avec Carl Bernstein, le scandale du Watergate qui a contraint Richard Nixon à la démission, donne à celui-ci un relief particulier. Le Washington Post, qui a obtenu une copie du livre dont la sortie est prévue le 11 septembre, à quelques semaines des élections législatives de mi-mandat, a publié ce mardi de nombreux extraits.

Un élève de CM2

A l’issue d’une rencontre entre Donald Trump et son équipe de sécurité nationale sur la présence militaire sur la péninsule coréenne, le ministre de la Défense, Jim Mattis, particulièrement exaspéré, aurait dit à des proches que le président se comportait comme un « élève de CM2 ou de sixième ».

Toujours selon les éléments rassemblés par Bob Woodward, après l’attaque chimique d’avril 2017 attribuée au régime du président syrien Bachar al-Assad, Donald Trump aurait appelé le général Mattis et lui aurait dit qu’il souhaitait l’assassiner. « Tuons-le, bordel ! Allons-y ! On leur rentre dedans et on les bute », aurait-il déclaré. Après avoir raccroché, Jim Mattis se serait tourné vers un conseiller et aurait dit : « Nous n’allons rien faire de tout cela. Nous allons être beaucoup plus mesurés. »

« On est chez les fous »

Le livre, qui doit prochainement être traduit en français, décrit aussi longuement la frustration récurrente du secrétaire général de la Maison-Blanche, John Kelly. Il est pourtant traditionnellement l’homme le plus proche du président au sein de la « West Wing ».

Lors d’une réunion en petit comité, il aurait ainsi affirmé, à propos de Donald Trump : « C’est un idiot. C’est inutile d’essayer de le convaincre de quoi que ce soit. Il a complètement déraillé. On est chez les fous. Je ne sais même pas ce que nous faisons là. C’est le pire boulot que j’aie jamais eu. »

Un accord commercial sauvé in extremis

Le livre relate les subterfuges utilisés par l’entourage du président de la première puissance mondiale pour éviter qu’il ne prenne des décisions à l’emporte-pièce. Selon l’ouvrage explosif, son ancien conseiller économique Gary Cohn a ainsi « volé une lettre qui se trouvait sur le bureau de Trump » que le président avait l’intention de signer et qui visait à officiellement retirer les Etats-Unis d’un accord commercial avec la Corée du Sud.

Gary Cohn a ensuite expliqué à un proche qu’il l’avait fait au nom de la sécurité nationale et que le magnat de l’immobilier n’avait jamais remarqué qu’elle était manquante.

Violence envers ses collaborateurs

Des extraits publiés par le Washington Post se dégage aussi l’image d’un président irascible qui s’en prend à ses collaborateurs avec une violence peu commune. « Je ne vous fais pas confiance. Je ne veux plus que vous meniez des négociations (…) Vous avez fait votre temps », aurait-il ainsi affirmé au secrétaire au Commerce Wilbur Ross, de huit ans son aîné.

L’auteur affirme avoir cherché, sans succès, à interroger Donald Trump pour ce livre. Il précise que le locataire de la Maison-Blanche l’a appelé mi-août, alors que le manuscrit était terminé. Sollicitée par l’AFP, la Maison-Blanche n’avait pas réagi en milieu de journée à la publication des extraits de ce livre intitulé Fear : Trump in the White House. Le compte Twitter de @realDonaldTrump était, lui aussi, silencieux.