Paris condamne la peine de sept ans de prison pour deux journalistes en Birmanie

JUSTICE La Birmanie a condamné deux journalistes de l’agence Reuters à sept ans de prison pour « atteinte au secret de l’Etat » dans une enquête sur le massacre de Rohingyas…

20 Minutes avec AFP

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Les deux journalistes de Reuters Kyaw Soe Oo (à g.) and Wa Lone, le 3 septembre 2018.
Les deux journalistes de Reuters Kyaw Soe Oo (à g.) and Wa Lone, le 3 septembre 2018. — Ye Aung THU / AFP

C’est une condamnation pleine et entière. La France a « déploré » lundi la peine de sept ans de prison pour deux journalistes birmans de l’agence Reuters. Le porte-parole du ministre des Affaires étrangères la qualifie ce lundi de « sérieuse atteinte à la liberté de la presse et à l’État de droit » en Birmanie.

« La France réitère son appel à leur libération et au respect de leurs droits fondamentaux, ainsi qu’au libre accès des médias dans l’État de l’Arakan », région de l’ouest du pays où vit la minorité musulmane rohingya persécutée.

Enquête sur le massacre de Rohingyas

Les deux reporters, Wa Lone et Kyaw Soe Oo, en détention préventive depuis décembre, ont été condamnés ce lundi à sept ans de prison pour avoir « tous deux porté atteinte au secret d’État ». Ils se sont procuré, selon l’accusation, des documents relatifs aux opérations des forces de sécurité birmanes dans l’Etat Rakhine.

Ils enquêtaient sur un massacre de membres de la minorité musulmane dans le village de Inn Dinn. Quelques jours après leur arrestation, l’armée a reconnu que des soldats et des villageois bouddhistes avaient tué de sang-froid des captifs rohingyas le 2 septembre 2017, et sept militaires ont été condamnés à dix ans de prison pour ce massacre.

Un jugement « inique »

Après leur condamnation, les réactions internationales ne se sont pas fait attendre. La cheffe de l’ONU pour les droits de l’Homme, Michelle Bachelet s’est exprimée ce lundi : « Je pense que tout (…) le procès était une parodie de justice. J’exhorte donc le gouvernement de Birmanie à les libérer dès que possible, immédiatement ».

L’Union européenne a aussi appelé à leur « libération immédiate et inconditionnelle ». L’organisation de défense des journalistes RSF a condamné un « jugement inique, qui clôt une parodie d’instruction » et « remet clairement en cause le processus de transition démocratique en Birmanie ».