Israël: La radio publique s'excuse pour avoir diffusé du Wagner

ISRAEL La musique du compositeur, dont les œuvres imprégnées de nationalisme ont été adoptées au XXe siècle par le IIIe Reich, reste taboue en Israël...

20 Minutes avec AFP

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Une statue du compositeur Richard Wagner à Bayreuth, en Allemagne.
Une statue du compositeur Richard Wagner à Bayreuth, en Allemagne. — Christof STACHE / AFP

La radio publique israélienne s’est excusée pour avoir brisé un tabou en jouant un morceau du compositeur allemand Richard Wagner, boycotté en Israël pour ses propos antisémites, a indiqué dimanche une porte-parole. Cette porte-parole a qualifié d'« erreur » la diffusion vendredi par une station de musique classique au sein de la radio d’une partie du Crépuscule des Dieux.

Le compositeur allemand (1813-1883), dont les œuvres imprégnées de nationalisme ont été adoptées au XXe siècle par le IIIe Reich, est notamment célèbre pour avoir été l’un des compositeurs favoris d’Adolf Hitler. Il n’y a pas de loi en Israël interdisant de jouer Wagner, mais les formations musicales s’en abstiennent.

« Nous ne diffusons pas l’opinion du compositeur, mais la belle musique »

La porte-parole a rappelé dimanche que « les instructions au sein de la radio israélienne demeurent les mêmes depuis des années : la musique de Wagner ne doit pas être jouée ». Elle a souligné dans un communiqué « la peine qu’une telle diffusion peut susciter chez les survivants de l’Holocauste » écoutant la radio. « Nous nous excusons auprès de nos auditeurs », a déclaré la porte-parole, estimant que « le responsable de l’émission musicale s’est trompé de choix en diffusant ce morceau ».

L’œuvre de Wagner reste taboue en Israël, même si en juillet 2001, le chef d’orchestre argentino-israélien Daniel Barenboïm avait osé jouer un extrait de Tristan et Iseult, avec l’Orchestre philharmonique de Berlin, à Jérusalem. Jonathan Livny, chef de la Israel Wagner Society a salué la diffusion de la musique de Wagner par la radio publique.

« Nous ne diffusons pas l’opinion du compositeur, mais la belle musique qu’il a écrite », a dit Livny, dont le père est un survivant de l’Holocauste. « Celui qui ne veut pas écouter cette musique peut éteindre la radio », a-t-il ajouté.