Theresa May lors d'un discours sur le Brexit, le 2 mars 2018.
Theresa May lors d'un discours sur le Brexit, le 2 mars 2018. — Jonathan Brady / POOL / AFP

POLITIQUE

Grande-Bretagne: Avec la hausse des adhésions, les conservateurs craignent un complot extrémiste pour les infiltrer

Depuis le début de l’été, des milliers de personnes ont demandé à rejoindre les rangs du parti de la Première ministre Theresa May…

Normalement, une hausse des adhésions a de quoi réjouir un parti politique. Mais chez certains conservateurs britanniques, le doute s’est immiscé sur les intentions de ces nouveaux membres qu’ils soupçonnent d’entrisme pour obtenir un Brexit « dur ».

Depuis le début de l’été, des milliers de personnes ont demandé à rejoindre les rangs du parti de la Première ministre Theresa May. Un phénomène que les europhiles en particulier voient d’un mauvais œil, redoutant que ces nouveaux membres tentent de faire bouger les lignes au sein d’une formation divisée entre ceux qui veulent une rupture nette avec l’Union européenne et les partisans du maintien de liens étroits.

Pour un Brexit « dur »

« Il y a clairement un afflux de gens qui rejoignent le Parti conservateur mais dans quel but c’est impossible à dire », a déclaré Dominic Grieve, un député pro-européen. Dans sa circonscription de Beaconsfield (sud-est de l’Angleterre), une centaine de personnes viennent de s’inscrire, et le député se dit « sûr » que certaines d’entre elles ont pour objectif de le renverser.

L’appel lancé par l’homme d’affaires Arron Banks, cofondateur et argentier du mouvement pro-Brexit Leave. EU, le conforte lui et d’autres députés europhiles dans cette crainte. Arron Banks a en effet exhorté les quelque 90.000 membres de son mouvement et 1,4 million d’abonnés sur les réseaux sociaux à rejoindre les Conservateurs pour favoriser l’élection d’un chef de parti favorable à un Brexit « dur » au cas où Theresa May, dont la position est très fragile, viendrait à démissionner.

Les Tories pourraient atteindre 140.000 membres

Le règlement des Tories autorise tout membre depuis au moins trois mois à participer à l’élection de son chef parmi deux candidats choisis par les députés conservateurs.

Pour Tim Bale, professeur de politique à l’Université Queen Mary de Londres, l’engouement des « Brexiters » à rejoindre les Conservateurs était « presque inévitable ». Il estime qu’avec ces nouvelles recrues, les Tories, qui revendiquent aujourd’hui environ 124.000 membres, pourraient atteindre 140.000 personnes.